L’Amerzone - solution complète - 7ème partie

Daniel Ichbiah

7 Le temple et le volcan

 

Pendant combien de temps avez-vous ainsi avancé dans ce no man’s land au-dessus du vide dans un silence total. Courage, subrepticement, les ombres de rochers immenses s’insinuent dans le lointain... Ce n’était pas un mirage. Ils se concrétisent et leur densité, leur solidité agissent comme un onguent salvateur. Sous un ciel serein, votre voyage se poursuit dans le cocon de surfaces granitiques.

L’entrée du temple se dessine au sommet de la colline. Montez les marches du petit escalier surmonté d’un toit saillant.

En ouvrant la porte, surprise : vous découvrez un vieil homme abattu.  Vêtu d’un uniforme militaire et bardé de décorations, il est armé d’un pistolet. Le soleil qui pénètre par un fenêtre fait d’autant mieux ressortir la dégradation physique d’un dictateur devenu pitoyable, tel un pantin ridicule. Et oui... Antonio Alvarez était venu vous attendre ici, avide de se confier à un européen, à un aventurier ayant gardé quelque trace d’idéal, tout comme lui-même dans sa folle jeunesse. Malgré le cynisme qu’il s’efforce d’afficher, il est clair qu’il a lui aussi été rongé par le doute et le remords.

 

Légende : Alvarez vous attendait là... Comme s’il voulait lui aussi éclaircir sa conscience meurtrie à l’aube du grand départ.

 

Antonio Alvarez balbutie quelques mots parfois à peine audibles..

« Le pouvoir, le pouvoir... Est-ce que vous savez seulement ce que c’est ? Non, bien sûr... Peu de gens savent...  Des femmes tellement usées qu’elles ne font même plus semblant d’avoir du plaisir. Mais qui tremblent malgré tout dans vos bras... Parce que le pouvoir, c’est la peur. La peur de celui qui l’a. Et qui risque de le perdre ! Et puis la peur de celui qui le subit. Comme un chien subit les coups de bâton. Et puis vieillir ».

Alvarez agonise et il est en proie à une forme inquiétante de délire. L’arme qu’il tient au poing n’est certes pas rassurante quant à ses intentions...

« Vous êtes venu à la place de Valembois, n’est-ce pas ? Le pauvre fou. Les oiseaux blancs, tout cela... Ha, ha, ha ! L’ennemi du pouvoir, chez ami, ce n’est pas la liberté, la démocratie et toutes ces sortes de fariboles. L’ennemi du pouvoir, c’est le rêve, le rêve vous comprenez ? Je vous parle du rêve, pas de ces abrutissements populaires qui permettent d’endormir un pays et de l’avoir à sa botte. »

« Je me suis toujours méfié de ces oiseaux blancs. Toute cette mythologie. Je voulais que l’Amerzone devienne une nation moderne. Un pays qui croit au progrès, à la science et à la technologie. Mais ces maudits amerzoniens se complaisaient dans la guimauve romantique de la légende des oiseaux blancs ! »

« Alors, j’ai voulu faire le bonheur des gens malgré eux, vous comprenez ça ? »

Le vieux dictateur remue son arme comme s’il voulait en faire usage sur vous.

« Je ne vous laisserai pas aller plus loin ! »

Pourtant, l’énergie lui manque et sa main retombe, impuissante, dérisoire... Toute sa vie de dictateur aura été un échec monumental, une aberration, un carnaval et Alvarez le savait bien.

 

Légende : Arrachez ses médailles au pitoyable dictateur...

 

Alvarez n’est plus de ce monde. Prenez les médailles de son uniforme. Il ne les avait jamais vraiment méritées. Tournez-vous vers le mécanisme situé en face de lui. Il s’agit d’une roue qui permet d’ouvrir une porte secrète un peu plus bas. Vous pouvez d’ailleurs l’entendre un glissement rocheux lorsque vous actionnez cette roue.

Sortez du temple. A mi-chemin, sur l’escalier de pierre, vous pouvez à présent percevoir un passage menant à l’intérieur du temple. Empruntez-le.

 

Légende : En actionnant la roue, dans la pièce où se trouvait Alvarez, vous avez ouvert un passage à l’intérieur du temple.

 

Vous vous retrouvez sur une palissade de bois qui aboutit à une échelle, en haut de laquelle se trouvent des ailes... Vous vous rappelez alors avoir vu l’image d’un homme volant dans l’une des cases du village des Ovovolahos. Ce n’était donc point une allégorie. Vous allez réellement voler vers le volcan. D’ailleurs, Valembois avait évoqué cet envol dans son carnet de voyages.

Pour l’heure, si vous revêtez ces ailes, vous suivez alors un parcours de rail qui mène vers l’extérieur et qui devrait permettre votre envol vers le volcan. Mais la tentative échoue. L’élan n’est pas suffisant pour que vous puissiez décoller.

Retournez vers l’entrée. Sur la gauche, en progressant vers la forge, vous pouvez apercevoir une porte munie de cinq mécanismes et d’une serrure pour le moins atypique. Où trouver une clé ? Vous pourriez peut-être la confectionner...

 

Légende : En introduisant une clé dans cette porte, vous devriez peut-être libérer le mécanisme de sortie vers le volcan.

 

Approchez-vous de la forge. Si vous manipulez le levier, vous faites descendre une coupe qui ne demande qu’à recevoir un élément à faire fondre. Placez-y les médailles de feu Alvarez. Le creuset monte puis son contenu est plongé dans la forge. Vous récupérez alors une clé.

 

Légende : En faisant fondre les médailles d’Alvarez, vous avez permis la confection d’une clé !

 

Prenez cette clé et allez immédiatement l’appliquer sur la porte grise. Tournez la clé jusqu'à ce que les cinq mécanismes pivotent vers la droite puis de nouveau vers la gauche.

Retournez enfiler vos ailes et préparez-vous à un extraordinaire vol plané jusqu’au sommet du cratère, suivi d’un choc sur les parois du volcan. Par bonheur, vous n’avez pas atterri dans le puits de lave en fusion !

Contournez le cratère par la droite. Vous allez trouvez un marteau sacré près d’un bord. Prenez-le : il va permettre de casser l’œuf.

 

Légende : Ce marteau sacré va servir à casser l’œuf.

 

Mais avant toutes choses, il faut chauffer l’œuf afin d’accélérer son incubation. Revenez vers le lieu où se trouvent les ailes et contournez le cratère. Vous allez découvrir une petite grotte d’où jaillit une petite lumière orangée. Entrez à l’intérieur de ce lieu surchauffé au risque de défaillir. Avancez prudemment sur la plate-forme centrale jusqu’au trône de pierre et placez l’œuf dans l’incubateur.

 

Légende : C’est au milieu de cette fournaise que va s’opérer l’incubation de l’œuf.

 

Enserré dans un habitacle, l’œuf descend lentement dans les profondeurs afin d’être soumis à des chaleurs torrides, puis remonte.  Reprenez cet œuf brûlant et proche de l’éclosion, puis retournez vers le cratère du volcan.

En faisant le tour du cratère, vous allez apercevoir une petite jetée qui surplombe la lave. Allez jusqu’au bout et placez-y l’œuf. Sortez ensuite votre marteau sacré afin de le casser.

 

Légende : Le moment de vérité est arrivé : vous allez à présent appliquer le marteau sur l’œuf et provoquer la naissance des oiseaux blancs...

 

Avant d’appliquer le marteau, votre cœur se met à battre à la façon d’un métronome déréglé. Tout ce chemin parcouru pour en arriver là... Pour redonner vie à une légende. L’enjeu en valait-il la chandelle ?

 Vous assénez un coup sec sur la coquille.

Immédiatement, l’œuf est aspiré dans les airs et vous assistez à une scène presque surnaturelle : la naissance et l’envol des oiseaux blancs... Quelle merveille !

Vous avez redonné la vie à une créature mythique et, ce faisant, rendu son âme au peuple de l’Amerzone.

Le rêve a triomphé.

 

« On raconte que les oiseaux blancs ne s’arrêtent jamais de voler... Ils naissent, s’aiment et puis meurent dans la fumée chaude des volcans. Leurs ailes de géants grandissent toute leur vie et certains même prétendent que longtemps après leur mort, leur cadavre continue de planer inlassablement. »

« Tout cela, c’est des histoires, disent les gens... »

« Des histoires pour faire rêver les enfants d’Amerzone... »