La fin de Steve Jobs

Extraits du livre
'Les 4 vies de Steve Jobs'
de Daniel Ichbiah

La fin de Steve

Extrait du chapitre 14 : l'iPod

Comment Steve Jobs est mort - 1ère partie

Au cours de l'automne, une terrible nouvelle attend Jobs : lors d'une vérification de santé de routine, il apprend qu'il est atteint d'un cancer au pancréas. La situation est potentiellement terrible : ce type de maladie est réputé incurable !

"A 7 heures du matin, le scanner a montré que j'étais atteint d'une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu'était le pancréas. Les médecins m'ont annoncé que c'était un cancer probablement incurable, et que j'en avais au maximum pour six mois. Mon docteur m'a conseillé de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : Préparez-vous à mourir. Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux. J'ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. "

Par bonheur, l'examen d'un fragment de tissu vivant révèle que sa maladie exacte est opérable et soignable !…

"Plus tard dans la soirée, on m'a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l'estomac et l'intestin. J'étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m'a raconté qu'en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer car j'avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. "

À la stupéfaction de nombreux intimes, Jobs n'envisage pas le moins du monde de subir une opération. Etant bouddhiste et végétarien, il affiche son scepticisme envers la médecine occidentale. Il souhaite employer une méthode alternative qui a fait ses preuves et qui consiste à soigner le cancer au travers d'un régime alimentaire spécifique. Durant neuf mois, les membres du Conseil d'Administration d'Apple patientent en se rongeant les ongles. Après avoir pris conseil auprès de deux avocats externes quant à ses obligations, ils conviennent de garder le silence afin de ne pas effrayer les marchés .

(…)

À la fin juillet 2004, il devient nécessaire de rendre la nouvelle du cancer officielle car le boss d'Apple n'est pas guéri. Il s'est peu à peu fait à l'idée qu'il devrait subir une opération classique destinée à éliminer sa tumeur.

Le samedi 31 juillet 2004, Jobs est opéré au Centre Médical de l'Université de Stanford à Palo Alto, non loin de son domicile. Dès le lendemain, dans un email enthousiaste à ses employés, il annonce qu'il a frôlé la mort, qu'il est guéri et sera de retour à son poste dès septembre.

L'action Apple ne subit qu'un léger fléchissement à la suite de l'annonce : - 2,4 %.

Extrait du chapitre 16 : 2010 et au-delà

Comment Steve Jobs est mort - 2ème partie

Quelques mois plus tard, le 15 janvier 2009, Jobs doit pourtant quitter son poste pour soigner ses soucis de santé récurrents. Dix jours plus tôt, il a pris les devants et publié une " Lettre du Président d'Apple " à l'attention des innombrables fans de la marque :

"Chère communauté Apple,

Pour la première fois depuis une dizaine d'années, je vais passer la saison des vacances avec ma famille plutôt que de préparer mon discours du MacWorld.

Malheureusement, depuis que j'ai décidé de laisser Phil Schiller donner le discours du MacWorld, un tourbillon de rumeurs s'est déclenché à propos de ma santé. Certains ont même cru bon de publier des histoires comme quoi j'étais sur mon lit de mort.

J'ai décidé de partager quelque chose de très personnel avec la communauté Apple afin que vous puissiez vous relaxer et apprécier le show de demain.

Comme beaucoup d'entre vous le savent, j'ai perdu du poids durant l'année 2008. La raison a été un mystère pour moi-même comme pour mes médecins. Il y a quelques semaines, j'ai décidé qu'il fallait que je fasse de ma priorité n°1 d'en trouver la cause et de l'infléchir.

Par bonheur, à la suite d'autres tests, mes médecins pensent avoir trouvé la cause - un déséquilibre hormonal qui m'a 'dérobé' les protéines dont mon corps a besoin pour demeurer en bonne santé. Des tests sanguins sophistiqués ont confirmé ce diagnostic.

Le remède à ce problème de nutrition est relativement simple et direct et j'ai déjà commencé le traitement. Toutefois, comme je n'ai pas perdu assez de poids et de masse corporelle, mes médecins estiment qu'il me faudra attendre jusqu'à la fin du printemps pour les regagner. Je continuerais à assurer la présidence d'Apple durant ma convalescence.

J'ai donné plus que tout à Apple durant les 11 années passées. Je serais le premier à informer notre Conseil d'Administration si jamais je ne pouvais plus continuer à tenir ma fonction de Président d'Apple. J'espère que la communauté Apple me soutiendra dans mon rétablissement et que vous savez que je placerais toujours en premier ce qui est bon pour Apple.

J'en ai dit plus que je ne voulais dire et c'est tout ce que je dirais à ce sujet.

Steve "

Le communiqué par Apple publié pour l'occasion concède que " les problèmes de santé étaient plus complexes que ce que l'on avait originellement estimé. " Il s'ensuit une transplantation du foie et une absence du boss durant un bon semestre.

Et puis, Jobs est revient aux commandes à la fin juin afin de préparer une tablette tacile révolutionnaire qui va devenir l'iPad…

Extrait du chapitre 16 : Comment Steve Jobs a préparé Apple à sa succession

Comment Steve Jobs a préparé Apple à sa succession

A partir de l'année 2004, nous avons dû intégrer l'idée que Jobs appartenait au royaume des éphémères. Du jour au lendemain, il a fallu affronter la perspective d'avoir tôt ou tard à nous dispenser de sa présence. Il n'en était devenu que plus précieux.

La question d'un successeur est venue se poser. Si Jobs devait faire un pas de côté, qui pourrait faire persister la flamme ? Le designer Jonathan Ive, qui sait faire vibrer, timidement mais avec passion, les foules ? Ou Timothy Jobs un ancien d'IBM recruté en 1998 pour rationaliser la production des Mac et autres iPods et qui a si bien œuvré à sa tâche qu'il est devenu le n°2 de la maison ?

Hmm… Succéder à Jobs n'est pas une mince affaire. Qui saura repérer dans les cartons de Jonathan Ive le projet foldingue et décider qu'il faut impérativement le concrétiser ? Qui aura le cran de faire face au conseil d'administration lorsque ce dernier brandira des études de marché pour expliquer que l'objet n'a aucune chance de trouver son public ? Qui saura contraindre Apple à suivre une voie potentiellement risquée sur la base de seule conviction personnelle ? Cook ou tout autre successeur aura-t-il une vigueur suffisante pour lancer un projet de l'envergure de l'iPhone, stimuler les troupes afin de tenir les délais coûte que coûte, négocier des conditions ahurissantes auprès des opérateurs de téléphonie ?...

" Apple continuera d'exécuter son business plan actuel " estime le bloggeur Elmer-DeWitt, " et cela peut continuer sur des années. Mais ce sera différent sur un point clé : avec Jobs, il y avait un gars au début et à la fin de chaque projet, qui avait l'autorité de dire : 'Ça craint. Recommencez à zéro.' Quiconque le remplace pourrait partager sa vision et son titre. Mais il ou elle ne sera pas le co-fondateur d'Apple et il n'aura donc pas la même autorité. "

Thimothy Cook veut laisser croire qu'il n'aspire pas la position suprême et que la capacité de survie de Jobs dépasse largement ce que l'on pourrait croire. " Jobs et irremplaçable. Il sera encore là avec des cheveux gris, à 70 ans, bien après que j'ai pris ma retraite " juge l'intéressé. Pas si sûr tout de même. Et qu'on le veuille ou non, l'éventualité d'un départ forcé semble désormais planer autour de l'aura du chef du fil….

D'autres sociétés marquées par la personnalité d'un leader fort ont su négocier ce difficile passage de témoin. Ainsi, l'ancien dirigeant de Nintendo, Hiroshi Yamauchi, a su détecter en Satoru Iwata les qualités d'innovation qui permettaient d'assurer une succession heureuse. La transition a si bien réussi qu'au passage, Nintendo est redevenu n°1 de son secteur.

Peut-on imaginer l'individualiste Jobs se prêtant à la tâche consistant à se choisir un dauphin ? L'on voudrait y croire tout en demeurant sceptique. Ce serait pourtant un legs magnifique pour Apple que de laisser tôt ou tard les commandes à un capitaine inventif, fier, exigeant et esthète.

Une question demeure toutefois ouverte : l'oiseau rare existe-t-il ?

(...)

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Autres extraits

Introduction du livre
'Les 4 vies de Steve Jobs'

Steve Jobs 2016 Steve Jobs

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Steve Jobs vs Bill Gates - une histoire en 4 épisodes

Daniel Ichbiah est également l'auteur de la biographie de Bill Gates

Présentation du livre Les 4 vies de Steve Jobs

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