Histoire de la France et du monde - les grands événéments

Extrait du livre '365 grammes de Culture Générale'
Par Daniel Ichbiah

La philosophie de Bouddha

Sage indien, le prince Siddhârta Gautama (566 av JC – 486 av JC) se pose maintes questions sur l’existence alors qu’il est âgé de 29 ans : pourquoi certains sont-ils sujets à la maladie, à la mort, se laissent-ils aller à la haine ?…

Il décide alors d’abandonner les fastes de la vie royale et de mener une existence ascète. Il espère trouver « l’éveil », la réponse à certaines questions inhérentes à la condition humaine. Gautama étudie auprès de six maîtres différents mais ne trouve pas de véritables réponses à ses questions. Il abandonne donc les religions traditionnelles et décide qu’il doit découvrir la vérité par lui-même. Il réalise progressivement que la pratique du jeûne et la souffrance ne sont pas des voies vers le salut.

En découvrant que la corde d’un instrument ne doit pas être tirée ou relâchée excessivement, Gautama en déduit un enseignement, celui de la « Voie du Milieu ». Au cours de ses méditations sous un arbre, il quitte son corps et reçoit l’illumination. Il devient alors un Bouddha (éveillé).

Bouddha va alors dispenser une philosophie fondée sur le refus des extrêmes et la croyance que l’esprit humain peut atteindre l’illumination et se libérer. Ce courant de pensée aura une immense influence sur les populations d’Asie.

La momification

Dans l’Egypte ancienne, la conservation du corps était censée favoriser le voyage vers l’au-delà. Afin que les corps ne pourrissent pas dans les cercueils, on les enterrait donc dans le sable chaud, afin qu'ils sèchent et soient ainsi préservés.

À partir de 2 600 avant J.C., les Egyptiens ont expérimenté une nouvelle méthode de conservation des corps. Ils avaient en fait réalisé que les corps pourrissaient de l’intérieur. Ils ont développé un procédé, : la momification, impliquant de retirer les organes du cadavre, avant de le sécher ce dernier puis le placer dans un sarcophage.

La momification pouvait durer jusqu’à 70 jours. Après avoir lavé le cadavre, les embaumeurs commençaient par en retirer le cerveau et les organes qu’il séchaient avant de les placer dans des vases spéciaux, les « canopes ». Les parties vides de l’organisme étaient alors truffées de tissus.

Le corps était enduit d’huile de palme, puis plongé pendant 70 jours dans une sorte de sel, le « natron ». Passé cette période, les embaumeurs lavaient le corps puis l’enveloppaient dans des bandelettes, avant de l’installer dans le sarcophage (un tombeau de bois incrusté de joyaux et d’or).

La momification a été utilisée pendant près de 3 000 ans.

Le roi Salomon

Roi d’Israel, Salomon (970 av JC – 931 av JC) était le fils du prophète David.

La Bible (Livre des Rois) raconte que, alors que Salomon était adolescent, Dieu lui est apparu dans un rêve et lui a demandé d’exprimer une requête. Salomon a alors demandé ‘un cœur de compréhension’. Pour le récompenser, Dieu lui a accordé ce cœur destiné à bénéficier au peuple, mais aussi des richesses et des honneurs. Salomon est ainsi demeuré dans l’histoire d’Israël comme ‘le plus sage de tous les hommes’. Son fait de gloire essentiel est d’avoir construit le temple de Jérusalem – un ouvrage dont l’édification a pris sept années.

Son fameux jugement est également demeuré célèbre. Salom avait reçu la visite de deux femmes se disputant la possession d’un bébé. Il a eu la clairvoyance de leur répondre.

- Partagez l'enfant vivant en deux et donnez la moitié à l'une des mères et la moitié à l'autre,

La première des deux prétendantes s’est alors écriée :

- S'il te plaît Monseigneur ! Qu'on donne enfant à l’autre femme, qu'on ne le tue pas !

Salomon a alors déclaré :

- Donnez l'enfant à la première, ne le tuez pas. C'est elle la mère !

Pourtant, si Salomon brille par sa sagesse, il fait preuve d’une faiblesse sur le plan sentimental – il va avoir 700 épouses et 300 concubines. À la fin du récit biblique, Dieu annonce qu’en conséquence d’une telle légèreté, le royaume d’Israel sera coupé en deux. C’est ce qui va se produire par la suite, les deux fils de Salomon, Roboam et Jeroboam, opérant une sécesssion et se partageant chacun une moitié du pays.

La maïeutique de Socrate

Socrate (469 avant JC – 399 avant JC)

Au 5ème siècle avant JC, le rayonnement d’Athènes est sans comparaison. Ses échanges commerciaux avec des peuples éloignés - jusqu’en Inde - lui ont apporté de grandes richesses. C’est aussi une terre de culture où l’on a déjà découvert que la Terre était ronde. Et comme Athènes est une démocratie, Périclès qui la dirige, doit défendre publiquement sa politique auprès du peuple. En -431, il déclare son intention de mener la guerre à Sparte, une cité située plus au sud.

Socrate est l’un des seuls à s’opposer dans ce conflit. Ce philosophe grec est un homme au physique disgracieux qui arpente les rues d’Athènes et étudie le comportement de ses semblables. Il passe son temps à discuter et argumenter avec les passants. Sa démarche est appelée la ‘maïeutique’, le fait d’amener une personne à découvrir par elle-même la connaissance que chacun porte en soi et ce, par le biais de la discussion.

La guerre amorcée par Périclès s’avère coûteuse et peu glorieuse - lui-même est emporté par la maladie en -429. Il s’ensuit des situations de trouble. Socrate, là encore, est l’un des rares à prôner la modération. Les athéniens continuent de connaître plusieurs défaites dramatiques, notamment en Sicile. En -404, Athènes finit par se rendre à Sparte.

Humiliés, les Athéniens se cherchent un bouc émissaire et accusent Socrate, désigné coupable de n’avoir jamais cessé de critiquer les traditions et d’avoir remis en cause les décisions du pouvoir. Socrate est arrêté. Il fait l’objet d’un procès biaisé mais n’en défend pas moins l’action de contestation réfléchie qu’il a menée jusqu’alors. Jugé coupable il est condamné à boire un poison, la ciguë. Il réagit à cette sentence par ces mots :

« Qui de nous aura le destin le plus heureux ? Nul ne le sait, excepté Dieu. »

Jusque dans ses derniers moments, Socrate se montre calme et exemplaire. Sa mort va consacrer les principes qu’il a énoncés et ses disciples tels que Platon vont faire perdurer son message et ainsi, l’usage de la raison et de la réflexion va s’imposer peu à peu.

Athènes va devenir célèbre comme un lieu célébrant débats et pensées. Socrate est ainsi devenu un héros grec à sa façon.

Aristote, savant d’envergure

Aristote (384 av JC – 322 av JC)

Après la mort de son père, le jeune Aristote intègre l’Académie d’Athènes, une école philosophique fondée par Platon. Il en devient l’un des plus brillants disciples. En conséquence, le roi de Macédoine lui confie l’éducation de son fils, le futur Alexandre le Grand.

Une fois qu’Alexandre monte sur le trône, Aristote fonde une école de philosophie concurrente à l’Académie, le Lycée, un lieu où l’on se promène tout en enseignant. Lui-même y enseigne ses préceptes.

Père de la logique, biologiste, astronome, physicien, zoologiste tout autant que philosophe, Aristote produit une œuvre considérable ; un ensemble d’ouvrages qui couvrent l’essentiel du savoir de l’époque : la Logique, la Physique, la Métaphysique, l’Éthique, la Politique, la Rhétorique, la Poétique.

Durant plusieurs siècles, Aristote va devenir la référence dans la plupart des domaines, faisant l’objet de réflexion. Aristote a en effet inauguré de nombreux principes tels que la vérification par l’observation.

Archimède, l’inventeur

Archimède (287 av JC - 212 av JC) est le plus célèbre savant de l’Antiquité. Durant toute son existence, il n’a eu de cesse d’inventer de nouvelles formules de géométrie ou objets de grande utilité.

C’est à ce mathématicien grec que l’on doit la célèbre formule : ‘tout corps plongé dans un liquide subit une poussée verticale de bas en haut égale au poids du liquide qu’il déplace’.

Une autre de ses phrases célèbre est ‘Donnez-moi un point d' appui, et je soulèverai le monde’, qui illustre les capacités du levier.

Archimède a accompli d’autres prouesses : il a été le premier à développer une méthode de calcul de la longueur d’un cercle, par approximation, en le découpant en une série de triangles égaux. Il a également développé une méthode de calcul du chiffre Pi, et aussi la formule du tracé d’une spirale. Ses trouvailles ont été consignées dans de nombreux ouvrages dont un traité sur les centres de gravité.

Au niveau des inventions célèbre se trouve sa ‘vis’ qui permet de pomper l’eau d’un bassin vers une surface plus élevée. Archimède est également le créateur de la roue dentée et du palan - mécanisme de transmission du mouvement qui démultiplie la force d’un système de poulies. Il a également inventé des armes telles que la catapulte qui a été fort utile pour repousser les romains lors du siège de sa ville natale, Syracuse. Cette ville de Sicile qui faisait alors partie de la Grande Grèce a résisté trois ans avant de céder à l’assaut en -212. C’est à cette occasion qu’Archimède a été tué par un soldat romain.

Le romancier Plutarque a décrit sa fin ainsi :

« Archimède était en train de résoudre un problème par un diagramme, et avait les yeux et l'esprit fixés sur l'objet de sa réflexion; il ne remarqua pas l'entrée des Romains, ni le fait que la ville ait été prise.

Un soldat survint et lui demanda de l'accompagner. Comme il refusait d'obtempérer tant que son problème n'était pas résolu, le soldat brandit son sabre et le transperça.

Le général Marcellus qui commandait l'armée romaine, et avait en haute estime le savant, fut navré d'apprendre le décès d’Archimède. Il fit organiser des funérailles grandioses. »

Eratosthène calcule la circonférence de la Terre

Eratosthène (276 av JC - 194 av JC).

Astronome, géographe, philosophe et mathématicien grec, Eratosthène a été le premier savant à même de calculer la circonférence de la Terre ; il y a 2 200 ans.

Eratosthène résidait à Alexandrie, une ville où se trouvait le Museion, un centre dédié à la recherche et fréquenté par des tels qu’Euclide ou Archimède. La ville accueillait aussi la Bibliothèque, un lieu intégrant 700 000 ouvrages. Eratosthène en était le directeur.

Vers -500, Pythagore a décrété que la Terre était ronde. Aristote a confirmé la chose vers -350 avant JC, en se basant sur son observation des éclipses.

Lorsque Eratosthène décide de calculer la circonférence de la Terre, il entend la déduire de la taille d’un méridien et de l’angle de celui-ci. Eratothène mesure donc la distance allant d’Alexandrie à Syène plus au sud sur le Nil et la différence d’angle à partir de l’ombre d’un piquet sur ces deux lieux. Il en déduit une longueur en pieds pour la circonférence de la Terre qui correspond à environ 44 375 km - elle est en réalité de 39 941 kilomètres.

Eratosthène n’est donc trompé que de 4 000 kilomètres.

La Rome de Jules César

Depuis 509 avant J.C., la République a été instituée à Rome. A la place d'un roi, deux consuls élus par leurs pairs exercent le pouvoir suprême. Les législateurs ont certes prévu la perspective d'une situation de crise, obligeant à donner les pleins pouvoirs à un seul et même dirigeant. Toutefois, ce dictateur n’est investi du pouvoir absolu que pendant une durée de six mois, le temps de remettre de l'ordre dans les affaires de la cité. Il n’est nullement question de lui confier une domination sans partage ad vitam eternam.

La République est une forme de gouvernement évoluée qui, en apparence, donnait le pouvoir au peuple : l'expression res publica signifie "la chose publique" ? Dans la réalité, c'est une oligarchie liée à la fortune ou à la descendance qui détient les rênes du pouvoir. Les classes inférieures n’exercent qu'une influence réduite sur le cours des choses.

La conquête de territoires toujours plus reculés ont fait de la vertueuse Rome une adepte des plaisirs. Le pillage des territoires situés autour de la Méditerannée et la levée d'impôts immenses ont fait entrer des sommes considérables dans les caisses - dès 167 avant J.C., les Romains n’ont plus été assujettis à l'impôt direct. En conséquence, ils ont adopté un mode de vie plus léger, à l'image de celui que les soldats ont découvert dans les villes conquises en Grèce ou en Orient. Les sobres repas ont fait place à des festins plantureux où il est de coutume de dîner en position couchée, avec la distraction apportée par des musiciens, danseurs ou comédiens.

La décoration est devenue raffinée avec des statues, des mosaïques, de superbes fresques et bas-reliefs, ainsi que des meubles incrustés de pierres et de bronze. Quelques dirigeants, tels Caton le Censeur ou les frères Gracchus ont vainement tenté d'infléchir cette dérive d'une classe possédante vers une vie de luxe et de débauche.

Jeune homme séduisant et brillant, Caius Julius César est né vers 101 avant J.C. Il est entré en politique dès l'âge de 26 ans.

C'est en 60 avant J.C. que César a accédé aux fonctions suprêmes, en se joignant au premier triumvirat de la République de Rome, une alliance formée avec le héros de guerre Pompée et le très riche Crassus. César s’est attiré les faveurs du peuple en dispensant des jeux prodigues et en manipulant les opinions par une habile propagande. Pour imposer son image, il lui faut encore, à l'instar de Pompée, se distinguer par des faits d'armes remarquables sur le terrain de la guerre.

La gloire militaire va venir de la conquête de la Gaule qu'il opère en l'espace de sept ans, de 58 à 51, malgré la résistance acharnée de chefs valeureux comme Vercingétorix. Doté d'un véritable génie de la guerre, César est connu pour mépriser le danger et la mort. Le récit qu'il rapporte dans son journal, la Guerre des Gaules, fourmille de descriptions sur les lieux abordés et sur la méthode employée pour les conquérir. Brillant instrument d'auto-promotion, ce récit sert admirablement une ambition précise : prendre le pouvoir à Rome, au détriment de son rival Pompée.

À son retour de Gaule, César franchit le Rubicon - le fleuve qui délimite la partie méridionale des provinces qu'il gère, la Gaule cisalpine - et prononce cette phrase historique : "alea jacta est !" (le sort en est jeté). Ses légions marchent sur Rome, bravant les lois en vigueur. Surpris par une telle agression, Pompée s’enfuit en Grèce, puis en Egypte où il avait été assassiné.

Sur le plan intérieur, César instaure le principe d'une dictature à vie. Il cumule tant de pouvoir qu'il abolit dans les faits la République. Il parvient à faire accepter une telle évolution au peuple de Rome en raison de réformes avisées, comme celle consistant à donner du travail aux plus modestes, plutôt que des aumônes. Il mène également de grands travaux d'aménagements des divers territoires que Rome supervise.

Au niveau extérieur, César avait étend l’influence de Rome jusqu'en Egypte, où règne la belle reine Cléopâtre, puis jusqu'en Asie Mineure, en Turquie et en Espagne.

Les prétentions toujours plus grandes de César à un pouvoir absolu fâchent les républicains fortunés de Rome. Une coalition se forme secrètement. Elle a pour membres, Trébonius, Cassius, Tillius Cimber, les frères Casca et aussi le propre fils de César, Brutus - et d'autres membres secondaires. En juillet 45, à Narbonne, Trebonius avait sondé Marc Antoine, le maître de cavalerie de César afin d'obtenir un potentiel ralliement. Marc Antoine ne donne pas suite.

Le 14 mars 44, lors d'un dîner chez Lépide, César et Cassius évoquent leur disparition potentielle. Le dictateur a alors eu cette phrase prémonitoire : "J'aime mieux une mort brutale, qui vient quand on ne l'attend pas". Le lendemain, lors d'une réunion des sénateurs, César il succombe aux coups de couteau portés par les conjurés.

Le 14 mars 44, alors qu’il se rend à la réunion des sénateurs, César est apostrophé dans la rue par Artemidorus, un professeur de logique. Ce dernier lui tend une lettre en insistant pour qu’il la lise immédiatement. César préfère pourtant la mettre de côté. Quelques minutes plus tard, il succombe aux coups de couteau portés par les conjurés.

La lettre d’Artemidorus le prévenait en fait de la conspiration !

Les derniers jours de Jésus Christ

Prophète juif, Jésus Christ de Nazareth (-5 av JC – 30) prêche un enseignement de bonté et professe que Dieu l’a envoyé sur la terre pour sauver les hommes. Il est suivi par plusieurs disciples qui vont écrire le récit de sa vie, les Evangiles.

Si l’on s’en tient à l’Evangile selon Saint Luc, au chapitre 18, lors du repas de la Pâques, Jésus a livré ces mots prophétiques à ses douze apôtres :

« Voici, nous montons à Jérusalem, et tout ce qui a été écrit par les prophètes au sujet du Fils de l'homme s'accomplira. »

« il sera livré aux païens; on se moquera de lui, on l'outragera, on crachera sur lui, »

« Et après l'avoir battu de verges, on le fera mourir; et le troisième jour il ressuscitera. »

À partir du moment où Jésus prêche dans le Temple de Jérusalem, il s’attire l’inimitié des prêtres et ceux-ci s’entendent pour le faire arrêter - l’un de ses disciples, Judas, l’a trahi.

Jésus est livré au gouverneur romain Ponce Pilate en compagnie d’un autre homme, l’agitateur politique Barrabas. Ponce Pilat souhaite éviter les remous potentiellement liés à une exécution de Jésus. Dans l’Evangile selon Saint Mathieu, Ponce Pilate dispose du droit de gracier l’un des accusés et, après avoir interrogé Jésus, il choisit ce dernier. Pourtant, à sa grande surprise, la populace scande alors « Libérez Barrabas :’.

Pilate déclare alors, tout en se lavant les mains : « Je suis innocent du sang de ce juste ».

Le prophète est crucifié le Golgotha (Calvaire), une colline de Jérusalem.

Son histoire, contée dans les 4 Evangiles, (de Mathieu, de Marc, de Luc et de Jean) va aider à propager son enseignement. Son message va progressivement se répandre en Europe et le catholicisme, religion issue des Evangiles, s’imposer comme la foi dominante.

L’Evangile selon Saint Jean (VIII - 8) raconte que l’on amena une femme adultère devant Jésus afin qu’elle soit punie de lapidation. Le prophète ignora la demande des Pharisiens - une secte juive. Puis comme ils insistaient, il dit :

« Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ».

Un à un, les accusateurs s’en allèrent…

Clovis, le 1er roi converti au catholicisme

Clovis (466 – 511) devient roi des Francs en 481, à l’âge de 15 ans. Après une période de bonnes relations avec les Romains, il décide de reconquérir le territoire francs et met sur pied une force militaire imposante. En 486, il prend l’initiative d’une attaque à Soissons, capitale de ce qui demeure de l’empire romain dans la Gaule. Ce faisant, il libère le pays de toute domination romaine.

Clovis décide alors d’étendre son pouvoir au-delà des frontières de la Gaule et pour ce faire, établit une alliance avec le roi germanique Sigebert. Ensemble, ils établissent leur pouvoir de part et d’autre du Rhin.

En 496, une bataille cruciale contre les Alamans a lieu à à Tolbiac dans l’actuelle Alsace. Elle tourne fort mal pour les Francs au point où l’armée de Clovis court le risque d’être exterminée. Clovis, roi païen s’en remet alors au Dieu de son épouse Clotilde : si Jésus lui accorde la victoire, il se fera baptiser en son nom.

L’armée de Clovis gagne la bataille et Clovis annonce alors qu’il se convertit au catholicisme.

Le 25 décembre 496, Clovis est baptisé par l’évêque de Saint Remi qui prononce ces mots :

- Courbe la tête, fier Sicambre; abaisse humblement to cou. adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. »

En parlant des Sicambres, l’évêque de Saint Remi fait référence au peuple de Germanie qui s’était allié avec les Francs.

Au cours des années suivantes, Clovis va unifier les provinces de Gaule sous la bannière franque, désormais chrétienne.

L’ère des Mérovingiens a démarré avec Clovis (du nom de Mérovée, le grand-père de Clovis).

Le vase de Soissons

Alors que les Francs viennent de gagner la bataille de Soissons vers 486 et de piller la ville, l’évêque de Reims, Saint Remi, demande à leur roi Clovis, de lui restituer un vase sacré. Clovis demande aux Francs de lui réserver ce fameux vase. L’un des guerriers francs s’y refuse et fracasse le vase de sa francisque.

L’année suivante, durant une revue de ses troupes, Clovis passe devant l’homme qui a brisé le vase et lui reproche de mal entretenir ses armes. Il les jette alors à terre.

Lorsque le guerrier se baisse pour les ramasser, Clovis lève sa hache et lui fend le crâne avant de jeter :

Souviens toi du vase de Soissons !

Venise sortie des eaux

Venise est généralement considérée la plus belle ville au monde. Sa construction a pourtant été un cauchemar.

Venise a été fondée vers la fin du 6ème siècle par des habitants de régions proches venus s’y réfugier après l'invasion de l'Italie par les Lombards, en 568, un peuple situé au nord du pays. Elle est construite sur une série d’îlots rapprochés. Tout le problème se résume ainsi : parvenir à maintenir Venise au-dessus de l’eau ! Or, la lagune marécageuse sur laquelle repose Venise n’est composée que de 8% de terres.

Ce n’est qu’après l’an 1 000 que la ville a pris son indépendance politique. Elle est alors gouvernée par un doge (d’un mot latin signifiant ‘duc’) et bénéficie d’une situation unique d'indépendance envers Rome

Dépourvue de terres cultivables, Venise trouve son salut en développant une flotte de commerce. Sa situation privilégiée au bord de la Méditerranée paraît idéale pour développer les échanges avec d’autres pays et continents. La cité lacustre va progressivement abriter les plus grandes fortunes d'Europe : hommes d'affaires, marchands et diplomates.

C’est à Venise que les croisés vont rapporter en 1204 les chevaux de bronze de l’hippodrome de Constantinople qui vont alors orner le devant de la basilique saint Marc. C’est aussi à partir de Venise que Marco Polo va embarquer en direction de l’Asie en 1271.

Il faut attendre le 15ème siècle que les ingénieurs de Venise décident édifier des fondations surélevées, afin de protéger les bâtiments de la ville contre les marées hautes. Des milliers de piliers – de gros pieux en bois, généralement de l’aulne – sont alors enfoncés dans le sable et l’argile des fonds baignés par la mer. Ils sont plantés en formation très serrée jusqu’à former une immense plate-forme de bois. Une fois arasés, les sommets sont d’une couche de fondation de bois et de marbre, sur laquelle vont être construit des bâtiments.

Ériger des bâtiments hors de l'eau n’est que la moitié du problème : il importe de rendre les eaux de la lagune praticables. Les canaux de Venise sont alors construits. Au nombre de 177, ils vont s’étendre sur 42 kilomètres tandis que la ville va voir émerger quelques 400 ponts

De nos jours, les fondations de Venise supportent certains des bâtiments les plus lourds d’Italie et des habitations logeant soixante mille habitants.

Charlemagne a-t-il inventé l’école ?

Charlemagne (742 – 814) accède au trône en 768. Il va passer l’essentiel de son règne à faire la guerre. C’est au cours de l’une de ses expéditions en Espagne en 778 que le chevalier Roland est éliminé par des montagnards basques, et ce récit va donner lieu au fameux poème La Chanson de Roland.

Sur le plan interne, Charlemagne est demeuré célèbre pour avoir poussé à l’instruction des jeunes populations, mais aussi des fonctionnaires et membres du clergé, insistant pour qu’ils sachent lire et écrire.

C’est en 789 que Charlemagne a demandé aux prêtres et évêques de former des écoles, ce qu’il a formulé en ces termes.

« Qu'on rassemble non seulement les fils de condition modeste, mais les fils bien nés. Qu'on établisse des écoles pour l'instruction des garçons. Que dans chaque monastère, on enseigne les psaumes, les notes, le chant, le calcul, la grammaire et qu'on dispose de livres bien corrigés. »

À Rome, le 25 décembre 800, le Pape Léon III a sacré Charlemagne empereur d’Occident. Il s’agissait du premier empereur depuis la fin de l’empire romain.

L’ère des châteaux forts

La construction massive de châteaux a démarré vers la fin du 9ème siècle suite à un édit du roi Charles II le Chauve. L’objectif initial était de résister aux invasions venues des pays scandinaves et sarrazins (espagnols).

Les châteaux-forts étaient d’abord construits en bois, ce qui les rendaient vulnérables aux catapultes et trébuchets (machines de guerre servant à lancer des pierres). Afin de renforcer l’aspect défensif, la pierre a donc succédé au bois. Le château fort s’est peu à peu distingué par de vastes fortifications, des murailles de plusieurs mètres d’épaisseur, des tours circulaires surélevées, des fossés, autant de mesures défensives destinées à rendre un siège ardu et risqué.

La vigueur des invasions a affaibli le pouvoir royal et a poussé les paysans à rechercher la protection des chevaliers locaux. Un système social a ainsi pris forme, la féodalité, le vassal se soumettant au seigneur des lieux, lequel assurait son pouvoir depuis ce lieu fortifié.

Les croisades

Le 27 novembre 1095, lors du concile de Clermont-Ferrand, le pape Urbain II lance un appel solennel pour un périple vers Jérusalem en vue de libérer les lieux saints.

« Vous avez promis de soutenir les droits de l’Eglise. Il est désormais nécessaire de montrer la force de votre vigueur dans une tâche qui ne concerne pas moins que le Seigneur. »

Il explique alors que les Turcs, Perses et Arabes avaient ont envahi la Jérusalem qu’ennoblit le tombeau du Christ.

« Ils ont déployé d’immenses forces, détruit les basiliques, immolé les chrétiens comme des bêtes. Dans les églises, où l’on célébrait jadis le sacrifice divin, les païens ont fait des étables pour les animaux et éliminé de façon ignominieuse la religion chrétienne de la demeure de Dieu. »

Urbain II décrit une situation de servitude pour les chrétiens, « condamnés à des tâches animales qui ne peuvent convenir à des hommes ». Il demande à tous d’intervenir, afin de chasser ces gens méprisables de Jérusalem et apporter une aide aux adorateurs du Christ.

Ceux qui répondent à l’appel du Pape se distinguaient par une croix d’étoffe cousue sur leur vêtement ou peinte en rouge sur leur armure. Pourtant, à cette époque, on ne parlait pas encore de croisade - le terme n’apparaîtra qu’à la fin du XIIIème siècle. L’appel d’Urbain II est largement entendu et dès lors, un message se répand de l’Europe à l’Orient : Dieu le veut. Les croisades seront au nombre de huit, de 1096 à 1291.

L’idée d’un pèlerinage rédempteur sur les lieux de la Passion, un chemin qui amènerait son lot de souffrances et martyres salvateurs n’est pas nouvelle. Ce qui était plus récent, était le thème d’une guerre d’inspiration divine. Or, dès le 9ème siècle, le pape Jean VIII avait décrété une absolution de facto pour tout guerrier qui périrait alors qu’il défendrait les chrétiens d’Italie contre les musulmans.

En l’année 1096, ceux qui répondent à l’appel du Pape étaient à leur tour dûment récompensés : toute action en justice intentée contre eux est annulée. Le clergé assure par ailleurs la sauvegarde de leurs biens. Enfin, une fois mission accomplie, le pardon de leur péché leur sera accordé, et il leur sera fait grâce de la pénitence normalement exigée pour un tel pardon.

La première croisade rassemble les forces de quatre armées, qui se regroupent à Constantinople : celle du chevalier Godefroy de Bouillon, un audacieux guerrier blond, celle des Normands du sud de l’Italie, les Français du midi dirigés par le comte de Toulouse, et enfin les Français du Nord. Les diverses armées venues d’Europe se regroupent à Constantinople en mai 1097. L’empereur byzantin, Alexis, les accueille avec d’autant plus d’ardeur qu’il était soucieux d’obtenir leur alliance pour reconquérir les territoires d’Asie Mineure dérobés par les Turcs.

Les européens obtiennent une première victoire devant les remparts de Nicée qui est prise puis rendue à l’empereur Alexis, et une autre victoire plus ardue, un peu plus au Sud, à Dorylée. Toutefois, une fois parvenus à la hauteur de l’Arménie, vers 1097, les croisés se voient décimés par un adversaire inattendu : la chaleur, le manque d’eau et la sécheresse d’un été oriental dont ils n’ont aucunement prévu l’intensité...

Le siège d’Antioche, au nord de la Syrie, dure huit mois et occasionne des conditions de vie atroce ; il s’est dit que la famine aurait amené certains chrétiens à consommer de la chair humaine. Finalement la ville tombe en juillet 1098. La brutalité des croisés est alors sans nom : les populations turques furent exterminés jusqu'au dernier.

Les francs arrivent à Jérusalem 7 juin 1099 dans une atmosphère de liesse, chantant des cantiques, criant et pleurant de joie. Une fois passé ce moment d’enthousiasme, le siège conduit par Godefroy de Bouillon, dure plus d’un mois et s’avéra extrêmement difficile. Pour affaiblir les assaillants, les musulmans ont détruits les puits où les francs auraient pu s’abreuver, et seule une flotte gênoise ravitaillait les combattants de denrées acheminées depuis le port de Jaffa en Israel.

À la date d’anniversaire de la mort de Jésus, le vendredi 15 juillet 1099, trois ans après leur départ, une armée réduite à 24 000 rescapés parvint à entrer dans Jérusalem. Exaspérés par les souffrances qu’ils ont endurées, les croisés fêtent leur victoire éperdue par un massacre des populations juives et musulmanes.

Animé par une extrême piété, Godefroy de Bouillon refuse le titre de roi de Jérusalem, ne désirant pas « porter couronne d’or là où le Christ avait porté couronne d’épines ». Peu après sa mort qui survient peu après, son frère Baudoin devint le premier roi de Jérusalem.

Pour protéger les lieux saints de fraîche conquête, certains chevaliers créent des ordres militaro-religieux. Celui des Templiers, fondé en 1118 repose sur des règles strictes : pas de possession propre, vêtements simples, le courage dans les plus grands périls, la confiance dans le « Dieu des armées ». Ses membres portent un grand manteau blanc marqué d’une croix rouge.

La deuxième croisade est lancée en 1147 à l’appel d’un moine de Cîteaux, Saint Bernard sous la conduite du roi de France Louis VII et de l’empereur Conrad III. La raison en est que le comté d’Edesse (situé das l’actuelle Turquie) a été repris par un chef musulman, Zenghi. En Europe, le bruit s’est répandu que les nouveaux maîtres auraient tué presque tous les chrétiens de cet Etat Latin.

Cette deuxième croisade va échouer pour des raisons diverses, notamment le comportement incohérent du roi de France Louis VII, qui en route pour Jérusalem, préfère faire le siège de Damas.

Si la division des musulmans a fortement contribué aux premiers succès des croisés, à partir de 1130, un guerrier d’Orient, le sultan d’Egypte, Saladin prendre la tête d’une contre-offensive unie. Il reprend alors un à un les territoires francs, Alep, Damas, la plus grande partie de la Syrie... Seul Baudouin IV, un jeune roi de Jérusalem âgé de 17 ans mais malade de la lèpre, lui fait mordre la poussière en 1777, à Montgisard en Israel. Toutefois, le 2 octobre 1187, Saladin enlève aux francs la ville symbole, celle qui a été à l’origine de l’appel d’Urbain II : Jérusalem.

L’entrée de Saladin dans la ville sainte se montre respectueuse des populations. Il ne commet aucun massacre se contentant d’exiger des rançons pour la libération de deux mille deux cent prisonniers.

Il demeure que la prise de Jérusalem par Saladin déclenche la 3ème croisade. Philippe Auguste, le roi de France, Richard Cœur de Lion, qui portae la couronne d’Angleterre et l’empereur germanique Frédéric Barberousse, partent à l’assaut des terres d’Orient. Richard Cœur de Lion capture Acre mais se montre impitoyable, exterminant les musulmans captifs avec brutalité, y compris femmes et enfants. Malgré cette belle victoire, le prestigieux trio formé par les rois de France, d’Angleterre et de Germanie ne parvint pas à reprendre Jérusalem. Faute de pouvoir reprendre la ville sainte, Richard Cœur de Lion conclut une trêve avec Saladin qui dès lors, va autoriser de nouveau les pèlerinages en Ville Sainte.

Les croisades qui suivirent vont délaisser Jérusalem pour s’intéresser à Constantinople, à l’Egypte, et à Tunis et comble du paradoxe, parfois aboutir à des massacres de chrétiens par des chrétiens.

Si leur bilan peut paraître bien maigre, les Croisades ont contribué à la renaissance du commerce avec des pays lointains, qui avait presque disparu depuis la chute de l’Empire romain. Il s’en est suivi une nouvelle ère pour l’industrie et un épanouissement de plusieurs villes italiennes comme françaises.

Saint Louis, le roi pieux

Louis IX (1214 – 1270) n’a que douze ans lorsque son père Louis VIII décède le 8 novembre 1226. Il est couronné roi à la cathédrale de Reims, mais du fait de sa jeunesse, c’est sa mère Blanche de Castille qui assure la Régence, jusqu’à sa majorité. Le 27 mai 1234, il épouse Marguerite de Provence qui lui donnera onze enfants.

Dès son accession au pouvoir, Louis IX prend très au sérieux sa mission en tant que représentant de Dieu sur Terre. Son image va demeurer associée à celle du roi qui rend la justice sous un arbre, avec un esprit de bienveillance et une générosité envers les pauvres - en 1297, il été ‘canonisé’ (désigné comme un saint) et dès lors, appelé Saint Louis.

Louis IX a été un roi particulièrement pieux, très attaché aux principes du christianisme - il s’infligeait de dures pénitences. Il a également organisé deux croisades (la 7ème et la 8ème) auxquelles il a lui-même participé. C’est au cours de cette dernière qu’il a trouvé la mort, alors qu’il approchait de Tunis.

La piété de Saint Louis n’était pas incompatible avec une cruauté affirmée envers les non-catholiques : il n’a pas hésité à persécuter les juifs et à participer à l’Inquisition contre les ‘impies’.

Les voyages de Marco Polo

Issu d’une famille de commerçants, Marco Polo (1254 – 1324) a quitté Venise à l’âge de seize ans pour gagner l’Asie. En Chine, il a été reçu avec honneur par l’empereur mongol Koubilaï Khan. Puis, en 1291, il a repris le chemin de Venise en passant par la Perse.

Fait prisonnier en 1298 alors qu’il a participé à la bataille contre la flotte génoise, Marco Polo dicte ses mémoires à son compagnon de captivité : Le Livre des Merveilles du Monde.

Le récit de Marco Polo va susciter des vocations telles que celle de Christophe Colomb 150 années plus tard.

C’est en langue française que Marco Polo a narré ses souvenirs de voyage.

La guerre de Cent Ans

Le conflit surnommé ‘Guerre de Cent Ans’ a en fait duré 116 ans, de 1337 à 1453, période durant laquelle la France et l’Angleterre se sont disputés la souveraineté du royaume de France, les batailles étant entrecoupées de longues périodes de paix.

En France, après l’extinction des Capétiens (successeurs de Hugues Capet), une nouvelle dynastie est montrée sur le trône en 1328, celle des Valois. Il se trouve alors que le dernier Capétien, Charles IV le Bel n’a pas laissé de descendant mâle. C’est donc Philippe VI qui a été choisi par ses pairs pour monter sur le trône, dans la mesure où il est le petit-fils de Philippe le Bel, qui a régné jusqu’en 1314.

Or, à partir de 1337, Édouard III d’Angleterre, revendique à son tour la couronne de France : il se trouve qu’il est lui-même le petit fils de Philippe le Bel, du côté de sa mère Isabelle. Qui plus est, la cour anglaise parle alors le français, un usage devenu en vigueur suite à la conquête normande de Guillaume le Conquérant qui a été roi d’Angleterre de 1066 à 1087.

Philippe VI de Valois s’est opposé à la prétention d’Édouard III d’Angleterre en invoquant la loi ‘salique’, une vieille règle franque qui interdit la transmission de la couronne par les femmes.

La Guerre de Cent Ans démarre sur la base de cette querelle de succession.

Vers le début du conflit, les chevaliers de France connaissent défaite sur défaite. À Crécy-en-Ponthieu dans la Somme (1346), déroutés par les bombardes de leurs adversaires, les 36 000 guerriers de France sont vaincus par 12 000 soldats britanniques. Il en est de même à Calais (1347) où à l’issue de six mois de sièges, six bourgeois viennent pieds nus et la corde au cou se rendre devant Edouard III et lui remettent les clés de la ville - il est vrai que la France est alors en proie à un épidémie de peste (voir l’entrée ‘La Grande Peste’). Philippe VI parvient tout de même à annexer le Dauphiné (1343) et Montpellier (1349).

La situation se détériore lorsque Jean II le Bon succède à Philippe VI en 1350. Six ans après son accession au pouvoir, la France subit une grave défaite à Poitiers, bataille au terme de laquelle Jean II le Bon est maintenu prisonnier à Londres. Lors du traité signé à Brétigny (près de Chartres) en 1360, l’Angleterre s’engage à libérer Jean II le Bon en échange d’une énorme contrepartie financière et la possession du quart du royaume de France (dont le sud ouest). C’est suite à sa libération que Jean II le Bon crée la nouvelle monnaie qu’est le franc, ce nom signifiant ‘affranchi’.

Charles V dit le Sage monte sur le trône en 1364. Secondé par un chef militaire habile, le chevalier Bertrand du Guesclin, il entreprend une lente reconquête du territoire. À sa mort en 1380, les Anglais ne détiennent plus que cinq villes françaises.

Hélas, Charles VI, son successeur, est atteint de folie (il a été surnommé ‘Le Fol’). Sous son règne, les Anglais reprennent l’avantage d’autant plus aisément que le territoire de France est en proie à une guerre civile, celle de la faction des Armagnacs contre celle des Bourguignons. Lors de la bataille d’Azincourt dans le Pas-de Calais, où l’armée française subit une cuisante défaite le 25 octobre 1415. Signé en 1420, le traité de Troyes décrète que le roi d’Angleterre est désormais le régent du royaume de France, lequel royame doit lui revenir une fois Charles VI disparu.

Charles VII, fils de Charles VI voit donc sa légitimité contestée. Il va toutefois bénéficier du soutien apportée par une jeune paysanne, Jeanne d’Arc (voir l’entrée ‘Jeanne d’Arc’) et sera sacré roi en 1429.

Dès lors, Charles VII va entamer une progressive reconquête. Dès 1436, il effectue une entrée triomphale dans Paris qu’a repris le connétable (commandant des armées) Richemont.

En 1453, la victoire de Castillon en Gironde met fin à la Guerre de Cent Ans.

La Grande Peste

En 1347, alors que la France est en conflit avec l’Angleterre, une épidémie de peste s’abat sur le pays – comme sur l’Europe entière. Transmise par une espèce de rats, le Rattus rattus, elle arrive de Chine puis d’Iran par la voie des mers et déferle sur le Vieux Continent, anéantissant deux cent mille villages. La peste noire va éliminer 25 millions d’européens dont un tiers de la population de la France – 80 000 à Paris comme à Reims.

Dépassés par les événements, la plupart des médecins rechignent à visiter les malades, craignant d’être inutilement infectés. Et lorsqu’ils daignent s’approcher des mourants, ils ne peuvent leur administrer aucun traitement efficace, ignorant quelle est la cause exacte de l’épidémie. Et comme les morts ne sont pas enterrés, la contagion se propage. Certains lieux sont particulièrement touchés : ainsi à Givry en Bourgogne, le registre paroissial qui recense ordinairement entre 20 à 25 décès par an note le chiffre de 649 pour l’année 1348.

Le franciscain Michel Platensis a laissé cette description :

« Le père laissait là son fils malade, les notaires de la cité refusaient de venir recueillir les dernières volontés des mourants, les prêtres d'entendre les confessions. Les cadavres étaient abandonnés sur place et personne ne leur donnait de sépulture chrétienne. Les maisons des morts restaient ouvertes, avec bijoux, argent et autres biens précieux, sans personne pour les garder. L'épidémie était survenue si vite qu'on n'avait pas eu le temps de prendre de mesures préventives... »

La peste noire déclenche des réactions hystériques dans certaines couches de la population. Terrorisant les populations, des hordes de pénitents à demi-nus traversent les villes en se flagellant afin d'apaiser ce qu’ils attribuent à la colère divine.

Comme il se doit, certains cherchent des boucs émissaires et progressivement, la peste noire déclenche des réactions antijuives dans le sud de la France où cette communauté fait l’objet de persécutions.

Lorsqu'en 1349, le drame de la peste noire prend fin, une véritable folie de plaisirs s'empare des survivants. L'Europe se transforme en une gigantesque fiesta où les survivants dépensent avec liesse l'argent dont ils ont hérité. Bourgeois et paysans s'habillent d'atours extravagants.

Jeanne d’Arc, la pucelle d’Orléans

Jeanne d'Arc a joué un rôle majeur lors de la dernière phase de la Guerre de Cent Ans, de par sa qualité de guide et son bon sens militaire.

Née en 1412 à Domrémy, en Lorraine, Jeanne (1412 – 1431) avait entendu des voix célestes dès l’âge de 13 ans. Celles-ci lui demandaient de libérer le royaume de France de l'occupation anglaise et de placer le dauphin Charles VII sur le trône.

À l’âge de seize ans, elle répond à cet appel et parvient à s'enrôler dans les troupes du dauphin. Elle est peu à peu suivie par de nombreux hommes d'armes, impressionnés par sa foi et son courage.

En mai 1429, elle force les Anglais à lever le siège d’Orléans. Suite à cette victoire, le roi Charles VII est sacré roi à Reims en juillet.

En mars 1430, afin d’éviter que les Bourguignons, alliés aux Anglais, aident ces derniers à reconquérir le territoire de France, Jeanne d’Arc quitte le château de Sully sur Loire où elle avait accompagné le roi et repart en campagne. Près de Compiègne, elle répond à un appel à l’aide et se retrouve prise entre deux armées. Délaissée par Charles VII, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons le 23 mai 1430. Elle est retenue prisonnière pendant six mois, puis livrée aux Anglais pour la somme de 10.000 livres.

Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, instruit à Rouen le procès de la Pucelle pour hérésie. Les enquêteurs ont bien du mal à trouver un chef d'accusation valable. Le tribunal lui reproche de s'habiller en homme, d'avoir quitté ses parents sans le leur avoir demandé, de suivre les voix du démon et surtout de ne pas s'en remettre aux autorités ecclésiastiques, mais plutôt au 'jugement de Dieu', ce qui constitue un blasphème.

Il est demandé à la jeune fille de se rétracter sous la promesse d'être enfermée dans une prison ecclésiastique. À bout de force, Jeanne signe une reconnaissance de ses 'erreurs et offenses envers l’Église'. Elle est pourtant trahie et renvoyée dans sa cellule anglaise. Afin de pouvoir s’évader, elle revêt de nouveau des habits d'homme. Reconnue comme 'relapse' (retombée dans ses erreurs passées), elle est brulée vive le 30 mai 1431.

Un second procès en 1456 cassera ce premier jugement et conclura à l'innocence de la Pucelle, élevée au rang de martyre. Elle sera canonisée en 1920.

L’invention de l’imprimerie

Au milieu du 15ème, alors que depuis des millénaires, les chinois produisent des livres à partir de blocs sur lesquels les caractères ont été gravés en relief, la population européenne souffre de l'inculture généralisée, savamment entretenue par les souverains comme par les ecclésiastiques. Les livres sont rares du fait qu'ils sont écrits à la main par des scribes attentionnés et seuls quelque privilégiés ont accès à la culture.

Une révolution prend alors forme. Johanes Gutemberg, un orfèvre allemand a l'idée de rationaliser la constitution des poinçons qui permettraient de presser des caractères sur le papier. En versant un alliage de plomb fondu dans un moule, Gutemberg obtient des lettres prêtes pour l'impression. Gutemberg peut ainsi créer de façon illimitée des caractères qui ont toujours le même aspect. À partir de ces lettres mobiles que l'on peut disposer à loisir avant de les imprimer sur du papier, il est possible de produire un livre en plusieurs exemplaires.

La date de naissance de l’imprimerie est située aux alentours 1454. C’est à cette époque qu’apparaît à Mayence la Bible « à quarante-deux lignes » ou « Bible de Gutenberg », le premier imprimé réalisé en Europe, produit à 180 exemplaires.

Bientôt, les villes voient apparaître des échoppes de libraires et toute personne sachant lire pourra chercher à s'instruire. L'Europe peut enfin sortir du Moyen Age : le livre précède la Renaissance et transforme la civilisation.

Christophe Colomb et la découverte de l’Amérique

Le 12 octobre 1492, après cinquante jours de traversée sans voir le moindre rivage - ce qui ne s’est jamais encore vu à l’époque - la vigie du navire La Pinta s’écrie « Terre ! ». De l’autre côté de l’Atlantique, le navigateur génois Christophe Colomb (1451 – 1506) vient de découvrir l’existence d’une contrée inconnue - il s’agit en fait des Bahamas, au sud du Continent Américain.

Christophe Colomb mènera trois autres expéditions. Au cours de la 4ème, il va longer les côtes de l’Amérique Centrale. C’est un autre navigateur italien, Amerigo Vespuccci qui va officiellement découvrir le Nouveau Monde et celui-ci portera son nom, Amérique.

La découverte d’un continent au-delà de l’Atlantique va accréditer la thèse comme quoi la Terre est ronde et favoriser la fin de l’obscurantisme (hostilité au progrès de la civilisation imposée par l’Eglise), en Europe.

Lors de sa quatrième expédition, Christophe Colomb parvient en Jamaïque avec deux navires et un manque cruel de vivres. Au bout de quelques mois, les indigènes jamaïcains refusent de lui vendre de la nourriture.

Alors qu’il lit L’Almanach Perpetuum de l’astronome Zacuto, Colomb apprend qu’une éclipse de Lune va se produire le 29 février.

Ce jour là, Colomb fait venir les chefs jamaïcains et les prévient : il a le pouvoir de faire disparaître de la Lune. Ils ne cèdent pas à sa demande. La nuit suivante, au grand effroi des Jamaïcains, l’éclipse dissimule la Lune.

Colomb propose alors de faire revenir cet astre si les Jamaïcains acceptent de lui fournir des vivres. Ils accèdent aussitôt à sa demande.

François Ier et la Renaissance

Brillant, érudit, curieux de tout, raffiné amateur des arts de la culture, François 1er (1494 - 1547) séduisait ses interlocuteurs par sa conversation. C’était aussi un roi bâtisseur qui a notamment faire construire le château de Chambord en 1519. Plus que tout autre, il symbolise à merveille l’entrée de la France dans la Renaissance, une période de transformation culturelle de l’Europe qui a pris naissance en Italie.

Elevé au Château d’Amboise à partir de l’âge de 5 ans, le jeune François surprenait par sa hardiesse : il était capable de chevaucher des montures hardies.

François 1er accède au pouvoir le 25 janvier 1515, date à laquelle il est sacré à Reims. Le nouveau monarque fait d’Amboise sa résidence après avoir fait construire une aile dont l’architecture est novatrice pour l’époque.

Grand amateur de femmes, François 1er va aussi se distinguer par ses intentions belliqueuses - c’est sous la conduite de ce guerrier courageux que les troupes françaises terrassent l’armée Suisse, en Italie, en septembre 1515 à Marignan. Il revient en France auréolé de gloire et admiré du peuple.

Pourtant, en 1525, lors de la bataille de Pavie en Italie en Italie, François 1er subit une lourde défaite face à Charles Quint. Fait prisonnier par les Espagnols, il ne recouvre sa liberté qu’après avoir signé un traité qui l’oblige à renoncer à toute prétention sur l'Italie, mais aussi sur d’autres régions comme la Flandre et la Bourgogne. Pire encore, il doit laisser ses deux fils comme otages. Toutefois, trois ans plus tard, François 1 er renie le traité qu’il a signé et reprend les hostilités - il ne recouvrera que la Bourgogne.

Sur le plan intérieur, François Ier se comporte comme un ardent défenseur de la culture et des créateurs, dont la curiosité touche tous les domaines. En 1916, il fait venir Leonard de Vinci à Amboise et se comporte comme un mécène à son égard - c’est au sein de ce château que l’artiste savant sera enterré.

C’est sous le règne de François Ier que le français est devenu la langue officielle du royaume, suit à l’édit de Villers-Cotterêts, signé en 1539.

À sa mort, à 52 ans, François Ier a laissé l’image d’un roi tolérant et en phase avec la Renaissance, qui a toutefois gaspillé de nombreuses ressources par ses obsessions de conquête de l’Italie.

En 1521, le jour de la fête de la galette des rois, le François 1er participait à une bataille de boules de neige devant l’hôtel de son cousin le comte de Saint Paul.

L'un des protagonistes, le capitaine de Lorges, avait dissimulé un tison enflammé à l’intérieur d’une boule de neige. Elle est venu heurter le visage du roi. François 1er a sombré dans le coma. Il en est ressorti avec une cicatrice sur sa joue.

Pour la dissimuler, François 1er s’est laissé pousser la barbe. Et comme il a dû se couper les cheveux pour l’occasion, cette mode a été reprise par les courtisans et adoptée par les rois suivants jusqu’à Louis XIII.

Galilée et l’héliocentrisme

Physicien et astronome, Galileo Galilei (1564 – 1642) adhérait à la thèse Copernicienne comme quoi le soleil est l'astre autour duquel tourne les planètes.

En 1590, Galileo Galilei invente le premier télescope avec une capacité de grossissement x 20. C’est en observant les variations d'éclairage sur la surface de Vénus, qu’en 1610, il a déterminé que Vénus tournait autour du Soleil – cette théorie balayait celle alors admise selon laquelle la Terre était le centre de l'univers.

En 1632, il a publié l’ouvrage Dialogue sur les deux systèmes qui régissent le monde sous la forme d’un débat entre Copernic et Ptolémée - qui affirmait que la Terre était au centre de l'univers - et un observateur neutre.

Le livre a déclenché l’ire de l’Eglise. Le 22 juin 1633, sous la menace de la torture, Galilée Galilée s’est vu contraint d'affirmer que le Soleil tournait autour de la Terre. Il avait 70 ans et ne désirait pas suivre le sort de Giordano Bruno, brûlé vif en 1600 pour avoir soutenu la thèse de Copernic.

Il a alors lui la déclaration été préparée pour lui :

« (…) je jure que j'ai toujours tenu pour vrai, et tiens encore pour vrai, et avec l'aide de Dieu tiendrai pour vrai dans le futur, tout ce que la Sainte Église Catholique et Apostolique affirme, présente et enseigne. (…) »

Il aurait toutefois murmuré : ‘Et pourtant, elle tourne’, faisant allusion à la rotation de la Terre autour du Soleil.

Les observations du Soleil sur son télescope ont engendré des dommages irréversibles sur sa rétine. Galilée fut aveugle durant les 4 dernières années de sa vie. Il a d’ailleurs déclaré à un proche :

‘Hélas Monseigneur, votre cher ami et serviteur Galilée est maintenant aveugle depuis un mois, totalement et irrémédiablement ; et ce ciel, ce monde, cet univers que j'ai élargi par de merveilleuses observations et de claires démonstrations, cent et mille fois au-delà de ce qu'ont cru communément les sages de tous les siècles passés, pour moi maintenant, il est si rapetissé et rétréci qu'il occupe tout juste l'espace de mon corps.’

Henri IV

De tous les rois de France, Henri IV (1553 – 1610) est demeuré le plus populaire, IV est demeuré le plus populaire des rois de France. Il est notamment demeuré célèbre pour la référence à la « poule au pot ». Il avait en effet déclaré :

« Je veux qu’il n’y ait si pauvre paysan en mon royaume qu’il n’ait tous les dimanches sa poule au pot. »

Né à Pau le 14 décembre 1553, Henri de Navarre a reçu de sa mère une éducation protestante (calviniste). Dès l’âge de 15 ans, il devient le chef du parti réformé. Alors qu’il a dix neuf ans, sa mère Jeanne d’Albert, reine de Navarre, et Catherine de Médicis, reine de France, décident de marier Henri avec Marguerite de Valois dans l’espoir de réconcilier au passage catholiques et protestants.

Pourtant, la venue d’Henri de Navarre et de ses gentilhommes dans Paris, ville catholique, est mal vécue par la population, elle-même excitée par les prêches du clergés. Le 24 août 1572, jour de la de la Saint Barthélémy, a lieu le massacre des protestants. C’est au prix d’une abjuration forcée qu’Henri IV échappe à l’assassinat.

Pourtant, quatre ans plus tard, en 1576, Henri de Navarre reprend la tête du parti protestant. Après la disparition de François II en juin 1584, il se retrouve

En juin 1584 François II duc d’Alençon meurt. Henri IV devient l’héritier virtuel du trône de France. Pourtant, la Sainte Ligue, (alliance de divers états catholiques contre les Turcs) s’oppose à ce que ce ‘huguenot’ (protestant) devienne le roi de France. Dans la foulée, le duc Charles de Mayenne s’empare alors du pouvoir et part en guerre contre Henri IV. Pourtant, en 1594, Henri IV entre dans Paris et rétablit aisément son avantage, Mayenne lui apportant sa soumission.

Henri IV décide toutefois d’abjurer sa foi protestante et de se convertir au catholicisme. Il peut ainsi se faire sacrer roi de France à Chartres le 25 février 1594. C’est en évoquant cette cérémonie que Henri IV aura ces mots :

« Paris vaut bien une messe »

Henri IV va œuvrer à pacifier la relations entre ces deux religions alors en conflit que son le catholicisme et le protestantisme. Le 13 avril 1598, il proclame l’édit de Nantes, qui consacre la paix religieuse en France. Sur le plan intérieur, aidé de Sully, il s’acharne à rétablir une économie saine.

Après avoir échappé à douze tentatives d’assassinat durant son règne, le 14 mai 1610, alors qu’il a 59 ans, Henri IV meurt assassiné en plein Paris par Ravaillac, un extrémiste catholique.

Isaac Newton et la gravitation universelle

Isaac Newton (1642 – 1727) est l’un des plus grands hommes de science de l’Histoire humaine. De son vivant, il était l'un des plus grands experts du domaine de l'optique et de l'astronomie, donnant des conférences, écrivant des livres et présentant ses modèles de travaux à la Royal Society en Angleterre. Il a directement influencé la conception du télescope moderne et la façon dont les astronomes l'utilisent aujourd'hui - c’est en 1668 qu’il a inventé le premier système opérationnel de télescope à réflexion, utilisant un dispositif de miroirs concaves (creux) pour recueillir la lumière et la renvoyer vers un foyer que l’on observe à travers une lentille.

Sa découverte principale demeure la théorie de la gravitation universelle.

Alors qu'il se prélassait dans la campagne anglaise à l’âge de 23 ans, Isaac Newton a eu l’intuition de cette force qui est à l’œuvre dans tout l’univers, amenant les objets à s’attirer mutuellement. Si l'imagerie populaire a retenu la légende de la chute d'une pomme, le génie consistait à deviner que cette même force qui avait entraîné le fruit vers le sol, affectait la Lune et lui permettait de rester en orbite autour de la Terre. En d'autres termes, il s'agissait d'une loi universelle qui régissait le mouvement de tous les corps, qu'ils soient célestes ou terrestre.

En 1687, Newton a publié Philosophiae Naturalis Principia Mathematica (Principes mathématiques de la philosophie naturelle), où il a décrit La Loi Universelle de la Gravitation de Newton, et expliqué la gravité en termes mathématiques.

C’est l’ouvrage de physique qui a eu la plus grande influence sur la civilisation.

En 1685, Isaac Newton s'entretient avec l'une des sommités scientifiques de l'époque. Ce dernier s'amuse à titiller le discret savant sur la théorie de la gravitation universelle émise vingt ans plus tôt...

Ce jour-là, son interlocuteur lui pose une question avec malice :

- Vous prétendez qu'une pomme pourrait se comporter comme la Lune ?

- En effet, si j'avais une montagne assez haute et un canon assez puissant, je pourrais propulser cette pomme et la mettre en orbite pour toujours. Pour qu'elle tourne indéfiniment, il suffirait de lui imprimer une vitesse proche de 8 km / s. Au-delà, elle pourrait se perdre dans l'espace en échappant à l'attraction terrestre.

Il aura fallu attendre près de trois cents années pour que la vision de Newton se matérialise sous la forme de... satellites !

Louis XIV et la cour de Versailles

Alors qu’il n’avait que 5 ans, le jeune Louis XIV a vécu un événement troublant. Suite à la mort du cardinal de Richelieu, conseiller de Louis XIII en 1642, puis celle du roi lui-même l’année suivante, une période de régence avait été instaurée. La monarchie étant affaiblie, les nobles ont contesté son autorité.

En 1649, le jeune Louis a dû fuir Paris pour Saint-Germain en Laye tandis que se déroulait la Fronde, une rébellion contre la royauté organisée par Condé.

Une fois parvenu au pouvoir à l’âge de treize ans, Louis XIV a décidé d’affaiblir cette caste en réduisant ses plus hautes figures à un état de dépendance.

En 1661, à la mort de son Premier Ministre Mazarin, le roi a déclaré à ses ministres qu’il entendait gouverner seul et n’aurait besoin de conseil que s’il les demandait expressément. La même année, il a mis en route un gigantesque chantier afin d’embellir la résidence qu’il s’était choisie à Versailles - les travaux se sont prolongés durant un demi siècle. À l’apogée de sa puissance, il s’est installé dans le palais en mai 1682.

Progressivement, le Roi s’est entouré d’une cour de quatre mille nobles qu’il a assujetti d’une manière insidieuse. Pour les attirer à Versailles, il leur a consenti d’immenses avantages financiers. Sur place, la noblesse de cour a pu gaspiller les revenus de ses terres dans le jeu et les fêtes. Très vite, ils n’ont pu subsister que par les subsides royaux. Il s’en est suivi une situation de servilité qui touchait aussi des auteurs tels que Racine ou un peintre comme Le Brun.

Jusqu’en 1683, Louis XIV avait été épaulé par un Ministre des Finances de valeur, Colbert, qui avait mené une politique de lutte contre le gaspillage et su maintenir le budget de la France en équilibre bien qu’il ait eu fort à faire pour lutter contre le caractère prodigue du Roi.

Après la disparition de Colbert, plusieurs facteurs ont accentué la progressive faillite de l’Etat : les pensions versées aux courtisans, les coûteuses fêtes données au château, et les dépenses de guerres suscitées par l’arrogance d’un roi provocateur, secondé par un ministre de la guerre sans état d’âme, le marquis de Louvois.

Les dernières années de règne de Louis XIV ont été marquées par la douleur et le déclin.

René Descartes : ‘je pense donc je suis’

Mathématicien, physicien et philosophe français, Descartes (1596 – 1650) a la chance d’être issu d’une famille aisée et donc, une fois son diplôme de droit obtenu, il voyage en Europe - il demeure une bonne vingtaine d’années en Hollande.

En 1637, Descartes publie Le Discours de la Méthode (1637). Il s’agit pour la première fois, d’une oeuvre écrite en français à une époque où des textes similaires sont rédigés en latin. Il souhaite en effet pouvoir communiquer ses idées au plus grand nombre de lecteurs. Dans ce livre, Descartes expose sa position philosophique à partir du principe « Cogito ergo sum ou « je pense donc je suis ».

Au-delà de cet énoncé, il vise à instaurer une méthode scientifique fondée sur le doute systématique.

La Déclaration d'Indépendance des USA

Tout au long du 17ème siècle, l’Angleterre s’est acharnée à coloniser les terres de l’Amérique du Nord. Treize colonies ont ainsi été fondées, de la Virginie en 1607 à la Géorgie en 1732.

Pourtant, sur le territoire américain, cette dépendance est de plus en plus mal vécu. Les habitants de ces colonies supportent de moins en moins d’être considérés comme ‘de grandes fermes publiques’ comme va l’écrire un journaliste anglais.

C’est en Virginie que la rébellion éclate, le 23 mars 1775. Dès lors, cet état entre en guerre contre l’occupant britannique. Nommé commandant en chef de l’armée des rebelles, George Washington prend l’offensive après une proclamation officielle le 6 juillet 1775 dénonçant l’agression britannique et légitimant le recours aux armes en ces termes : « Nous sommes résolus à mourir en hommes libres plutôt qu’à vivre en esclaves ».

Au début de l’année 1776, un journaliste américain d’origine anglaise, Thomas Paine, publie un pamphlet, Le Sens commun, dans lequel il exhorte la nation américain à rompre avec l’Angleterre. Le 2 juillet de la même année, un comité animé par Thomas Jefferson rédige un texte qui va entrer dans l’Histoire et qui est voté par douze des treize colonies puis promulgué le 4 juillet : La Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis.

Dans son préambule, la Déclaration d’Indépendance affirme des idéaux relatifs à la nature humaine qui vont marquer les esprits sur le long terme :

« Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la quête du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés ».

Dans leur lutte contre les britanniques, les forces de Thomas Jefferson vont recevoir un soutien inattendu, celui d’un français, le Marquis de La Fayette, né en Auvergne en 1757. La Fayette débarque le 17 juin 1777 en Caroline et ses troupes viennent prêter main forte aux insurgés. Il va notamment participer aux batailles de Virginie, lesquelles vont voir les américains triompher des britanniques en 1781.

Signé en 1783, le traité de Versailles consacre l'indépendance des États-Unis d'Amérique.

La Révolution Française

Au 18ème siècle, le ‘Tiers-Etat’ (les paysans et les artisans mais aussi la classe bourgeoise) représentait 98 % de la nation française. Suite à l’octroi par les rois de privilèges divers aux nobles comme au clergé, le Tiers Etat payait l’essentiel des taxes royales.

Monté sur le trône en 1774, Louis XVI a hérité d’une situation financière catastrophique que deux contrôleurs des finances, Turgot puis Necker ont tenté en vain de juguler. Afin d’éviter la faillite, Necker, en accord avec Louis XVI, a convoqué les États Généraux à Versailles le 2 mai 1789.

Dans cette assemblée, les trois classes de la population française étaient représentées :

. les nobles,

. le clergé

. le Tiers Etat.

Des cahiers de doléance ont été rédigés afin d’exprimer les revendications des trois classes.

En juin, le roi Louis XVI a la maladresse de déclarer qu’il est ‘le seul juge de ce qui doit être débattu’. Au sein du Tiers Etats, la révolte gronde. Ses membres défient l’autorité royale et décident alors de se proclamer Assemblée nationale. Ils sont rejoints par une partie de la noblesse mais aussi du clergé - ensemblent, ils forment une Assemblée Constituante.

Le 14 juillet 1789, la révolte gronde depuis plusieurs jours dans Paris en raison du prix élevé du pain et du renvoi de Jacques Necker, un ministre apprécié du peuple. Le roi a fait venir aux portes de Paris des troupes étrangères et les parisiens redoutent qu’elles ne soient là pour réprimer la révolte dans le sang.

Plusieurs dizaines de milliers de Parisiens investissent les Invalides et s’emparent du stock d’armes. Il leur faut toutefois des munitions et le bruit court qu’il y en aurait à la Bastille.

Construite au milieu du 14ème siècle sous le règne de Charles V, la Bastille a d’abord été une porte fortifiée de Paris. Elle a été transformée au 17ème siècle en armurerie militaire puis en prison qui accueille notamment les ennemis de la monarchie.

La foule se rend à la Bastille. Son gouverneur, le marquis de Launay, essaye de gagner du temps, puis fait tirer sur la foule. L’assaut est alors donné et en quelques heures la forteresse est prise.

La Rochefoucauld vient informer Louis XVI de la situation et ce dernier demande alors :

- C’est une révolte ?

- Non Sire, c’est une révolution, répond alors La Rochefoucauld.

La Révolution française vient de commencer. La démolition de la Bastille débutera dès le lendemain.

L’Assemblée Constituante accomplit une œuvre considérable :

. abolition des privilèges (nuit du 4 août 1789),

. adoption de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen,

. réorganisation administrative avec la création des départements,

. adoption d’une Constitution qui met en place une monarchie tempérée.

Pourtant, la dérive gagne rapidement le nouveau pouvoir. Une période d’anarchie s’installe et suscite une vague de peur dans les provinces, une fraction du peuple dévastant, incendiant ou pillant châteaux ou églises.

Plusieurs monarques européens organisent une intervention militaire. En conséquence, en juillet 1971, un extrémiste du nom de Robespierre réclame la déchéance du Roi. Le règne de la Terreur démarre, mettant à mal la plupart des acquis de la Révolution.

Napoléon Bonaparte, empereur de France

Durant l’été 1793, la France est menacée par les nations voisines, dont les souverains s’inquiètent des retombées potentielles de la Révolution Française dans leurs propres royaumes. Qui plus est, à Paris, les ‘Montagnards’ (fortement à gauche) ont pris le pouvoir le 2 juin 1793, ce qui a enclenché la rébellion de plusieurs villes favorables à leurs opposants, les ‘Girondins’ : Lyon, Bordeaux, Nantes,...

La ville de Toulon, pour sa part, a marqué sa différence en se livrant d’elle-même aux Anglais. Un siège de la ville a démarré mais il est demeuré inefficace. Le capitaine Bonaparte (1769 – 1821) est affecté au siège de la ville de Toulon et arrive sur les lieux le 16 septembre 1793. Il a l’intuition d’attaquer les Anglais sur la rade de Toulon. Sa stratégie réussit à merveille et aboutit à l’évacuation du port de Toulon par les Anglais. Napoléon est alors nommé général. Le 7 mai 1795, il est chargé d’aller réprimer la rébellion royaliste en Vendée. Cette fois, il est nommé commandant de l’armée de l’Intérieur.

À partir de 1796, les victoires accomplies par Bonaparte en Italie puis en Egypte amplifient sa réputatio auprès du peuple français. Il décide alors de s’appuyer sur sa popularité pour s’emparer du pouvoir.

Les 18 et 19 brumaire de l'An VIII (9-10 novembre 1799), après s’être assuré le soutien d’un détachement de l’armée, il se rend à l’Orangerie, où siègent les députés des Assemblées et se fait nommer Premier Consul de France. Il gouverne alors en despote, faisant fi de certains acquis de la Révolution.

Le 18 mai 1804, suite à un acte voté par le Sénat, Napoléon 1er se fait nommer empereur des Français. Le 2 décembre, le pape Pie VII confirme ce statut impérial à Notre-Dame de Paris. Napoléon règne sur la France, l’Espagne, la Belgique, la Suisse, la Hollande, l’Italie, l’Allemagne et la Pologne.

Les ambitions militaires incessantes de Napoléon amènent la plupart des pays européens à se coaliser contre lui. Sur le plan intérieur, certains de ses soutiens, tels le diplomate Talleyrand ou Fouché commencent à prendre leurs distances.

En 1812, la campagne de Russie se solde par un désastre. En apprenant l’ampleur de cette débâcle, Talleyrand a ces mots :

« C’est le commencement de la fin ».

Allié au roi de Prusse et aux troupes coalisées, le tsar de Russie entre dans Paris le 31 mars 1814. Forcé d’abdiquer, Napoléon part pour l’île d’Elbe au large de l’Italie.

Au printemps 1815, Napoléon s’en retourne en France à l’assaut du pouvoir. Sa popularité est demeurée telle que des soldats envoyé pour l’arrêter se joignent à lui. Le Maréchal Ney qui avait reçu pour mission de le capturer se rallie à son tour.

Pourtant, le 18 juin 1815, Napoléon subit une ultime défaite à Waterloo. Placé en captivité sur l’Île de Sainte Hélène, il meurt cinq ans plus tard.

Emile Zola et l’affaire Dreyfus

À la fin de l’année 1894, le capitaine d'état-major, Alfred Dreyfus Dreyfus a été accusé d'espionnage puis condamné au bagne à perpétuité malgré un dossier vide de preuves, vraisemblablement du fait qu’il était juif. Le journaliste Emile Zola a été l’un des premiers à prendre sa défense.

À l’automne 1897, le président du Sénat Auguste Scheurer-Kestener fait savoir qu’il a acquis la conviction de l'innocence de Dreyfus et demande la révision du procès. C’est à cette occasion que Zola rédige un article dans le Figaro comportant ces mots : « La vérité est en marche, rien ne peut plus l’arrêter. »

Au début de janvier 1998, le véritable coupable, le commandant Esterházy vient d’être acquitté et cette injustice ébranle fortement Emile Zola. Le 13 janvier 1898, il publie un article qui va demeurer célèbre : « J’accuse !… Lettre ouverte au Président de la République » à la Une du journal L'Aurore du 13 janvier 1898. Il s’acharne alors à dénoncer la façon dont s’est déroulé le procès de l’affaire Dreyfus.

Il faudra pourtant attendre le 12 juillet 1906 pour que la Cour de Cassation annule enfin le jugment porté contre Alfred Dreyfus - 4 ans après le décès de Emile Zola - et reconnaisse que la condamnation portée à son égard avait été prononcée ‘à tort’.

Thomas Edison, l’inventeur

Thomas Edison (1847 - 1931) est considéré comme le plus grand inventeur américain. Il aurait été à la source d’un bon millier d’inventions : le télégraphe bidirectionnel, l’ampoule électrique, la pile alcaline, le dictaphone, etc. Certains historiens lui ont toutefois discuté la paternité de telles inventions, arguant qu’Edison n’aurait fait que s’approprier les travaux d’autres créatifs.

Doté d’une curiosité sans borne, le jeune Thomas Edison est pris en grippe par son professeur qui le juge « instable ». Après trois mois dans une école du Michigan, il doit quitter l’école à l’âge de 7 ans. Sa mère, une ancienne institutrice prend en charge son éducation. L’adolescent dévore livre sur livre, et fait preuve d’un esprit d’entreprise et d’expérimentation surprenant, allant jusqu’à installer un laboratoire de chimie dans la cave de sa maison.

En 1877, Edison remet à l'un de ses collaborateurs le croquis d'un appareil à réaliser moyennant une rémunération de 18 dollars : un phonographe - quelque mois plus tôt, Charles Cros a toutefois déposé un tel projet à l'Académie française des sciences. La machine d’Edison constituée d'un cylindre mobile recouvert d'une mince feuille d'étain fait entendre la première chanson jamais gravée : Mary had a little lamb, l'équivalent américain d' Au clair de la lune. Edison, perfectionne le modèle et invente le disque plat. Dès que la nouvelle se répand que le phonographe a été inventé, l'objet est réclamé de partout. Edison est amené à en construire six cents en l'espace d'un an - il en produira jusqu'en 1929.

L’ampoule électrique est une autre invention majeure, dont il dépose le brevet en 1879. Trois ans plus tard, la Edison Electric Light Company qui fabrique lesdites ampoules produit du courant dans le quartier de Wall Street - 1 200 lampes éclairent les premières maisons. À l’Exposition Universelle de 1889 qui se tient à Paris, l’ampoule d’Edison fait sensation.

Au début du 20ème siècle, Edison est connu sous le nom du ‘magicien de Menlo Park’ (du nom du quartier où il opère, dans le New Jersey). En 1913, il produit le premier film sonorisé.

C’est à l’âge de 83 ans qu’Edison dépose son ultime brevet en 1930, un an avant de s’éteindre.

Edison avait une devise : « ne jamais perdre du temps à inventer des choses que les gens ne seraient pas susceptibles d'acheter ».

Le naufrage du Titanic

Le naufrage du Titanic, alors le plus grand paquebot du monde le 14 avril 1912, est longtemps demeuré un mystère énorme.

Construit par la compagnie britannique White Star Line, le Titanic était le plus grand navire de sa catégorie avec une capacité d’embarquement d’environ 2.200 personnes.

Le 10 avril 1912, le Titanic entame son voyage inaugural en direction de New York. Haut de 11 étages, il recèle un véritable dédale de passages intérieurs et portes, qui va compliquer le sauvetage de certains de ses passagers. Ce paquebot est également doté d’une machinerie complexe, dont la conception a joué un rôle dans son naufrage. Parmi les trois hélices qui le propulsent, l’une d’elle ne fonctionne qu’en marche avant.

Dès le 12 avril et jusqu'au 14, le capitaine du Titanic reçoit des messages le prévenant de la présence d’icebergs en plusieurs points de l'Atlantique Nord.

Le soir du 14 avril, un dernier navire lance plusieurs fois par radio le même avertissement, mais curieusement, celui-ci est ignoré. À 23 h 40, le veilleur Frederick Fleet repère un iceberg droit devant et prévient le commandement. Le quartier-maître Robert Hichens ordonne de changer de cap. Toutefois, en raison de l’incapacité de la troisième hélice à tourner en marche arrière, il faut 30 secondes au Titanic pour ralentir et effectuer la manœuvre de virage. Ce temps est trop long pour empêcher le choc avec la montagne de glace.

L'impact produit six petites brèches le long du premier tiers avant du navire. Les rivets de fer utilisés pour assembler les plaques de la coque du navire plient sous la pression et l’eau s'engouffre alors dans les brèches, inondant la salle des machines numéro 6. Les chaudières explosent au contact de l'eau glacée. Cinq compartiments du Titanic se retrouvent inondés, plus que ce que ce navire ne peut supporter. Il s’incline progressivement de cinq degrés sur son côté droit. Au bout de 45 minutes, alors plus de 13.000 tonnes d'eau se sont déjà déversées à l’intérieur du Titanic, il apparaît clair que le paquebot est condamné.

À 2h18 du matin, alors que l’inclinaison du Titanic est de dix degré, la quille cède et le navire est brisé en deux parties. La moitié avant s'enfonce dans l'Atlantique, tandis que l'arrière se redresse à la verticale avant de couler dans les profondeurs.

2.206 passagers et membres d'équipage se trouvaient à bord du Titanic. Seuls 711 ont survécu, malgré les 20 canots de sauvetage dont la capacité combinée était insuffisante : 1.178 passagers auraient pu être sauvés au total.

La 1ère guerre mondiale

En 1914, l’Europe est divisée en deux grands blocs qui ne demandent qu’à s’affronter. La France, la Russie et l’Angleterre ont formé la Triple Entente, tandis que l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie se sont rassemblés sous le nom de Triple Alliance.

L’événement déclencheur se produit le 28 juin 1914 lorsque l’archiduc François Ferdinand de Hasbsbourg, héritier du trône d’Autriche – Hongrie et son épouse sont assassinés à Sarajevo (Bosnie) par un étudiant nationaliste de 19 ans.

Pour l’Autriche, l’occasion est trop belle : le jour même, elle accuse la Serbie (voisine de la Bosnie) d’être à l’origine de ce meurtre et, soutenue par l’Allemagne, lui déclare la guerre. La Russie déclare alors vouloir se porter au secours des serbes. Comme prévu, le jeu des alliances conclu par le passé fait son effet. Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France et passe sans attendre à l’action en envahissant par surprise la Belgique. Comme prévu, l’Angleterre rejoint le conflit aux côtés de la France et de la Russie. En France, chacun veut alors croire que les combats seront de courte durée et que les soldats seront rentrés à la maison pour Noël.

Après l’invasion de la Belgique, les allemands entre dans le nord est de la France. Une contre-offensive est lancée aux alentours de la Marne du 6 au 12 septembre 1914. Elle voit les forces françaises et britanniques prendre temporairement le dessus : l’armée Allemande bat en retraite. Pourtant, le maréchal Joffre néglige de capitaliser sur ses acquis et à partir de novembre, le conflit s’enlise : les deux armées demeurent ancrées sur des positions dans l’Est de la France, installés dans des tranchées qui vont s’étendre sur 750 kilomètres de front. À l’intérieur de ces tranchées, les soldats vivent dans le froid et dans la boue.

Au début de l’année 1915, l’Allemagne et l’Autriche effectuent des percées importantes sur le front russe. En France, le maréchal Joffre lance une série d’attaques en vue de faire cesser la situation des tranchées, mais en vain. À partir d’avril 1915, l’armée allemande expérimente l’usage de gax toxiques, dont les effets sont dévastateurs, y compris parfois sur ses propres troupes.

En février 1916, l’armée allemande, désireuse d’en finir une fois pour toutes, lance une offensive majeure en bombardant le camp de Verdun. Le maréchal Pétain adopte la tactique du « tourniquet » : les troupes se relayent sur le front. Les français gagnent la bataille au prix de sacrifices énormes : sept cent mille hommes disparaissent de part et d’autres durant les combats. À partir de juillet, les français et leurs alliés attaquent la Somme mais en vain, ils affrontent une vaillante résistance allemande.

Deux tournants majeurs et contradictoires se produisent en 1917. Les allemands ont torpillé par erreur un bateau qui transportait 128 Américains, le Lusitania. Dès lors, les USA qui entendaient demeurer neutres rejoignent le conflit le 6 avril 1917. Six mois plus tard, en octobre 1917, les révolutionnaires Lénine et Trotski profitent de la situation d’instabilité au gouvernement russe pour prendre le pouvoir, soutenus par la force populaire des bocheviks. À partir de là, le front russe se désagrège peu à peu. Un armistice entre l’Allemagne et la Russie est signé en décembre.

Après le retrait de la Russie, l’Allemagne, désormais sûre de sa victoire intensifie ses offensives en vue de percer le front nord-est de la France. Pourtant, en juillet 1918, le général Foch et général Mangin renversent la situation et oblige l’armée du Kaiser à se replier. Désormais, avec la présence d’un million d’américains sur le continent, le rapport de force dessert de plus en plus les allemands. Le 8 août, les chars d’assaut venus de France traversent la frontière et font reculer de nombreuses unités germaniques qui capitulent sans condition.

La défaite de l’Allemagne est concrétisée le 11 novembre 1918, date à laquelle un armistice est signé.

Les vainqueurs, se réunissent dans la Galerie des Glaces à Versailles afin de décider du sort de l’Allemagne. La France récupère l’Alsace et la Lorraine et obtient que l’ennemi d’hier soit démilitarisé : son armée est réduite à 100 000 hommes.

Albert Einstein et la relativité générale

Albert Einstein (1879-1955) est considéré comme le plus grand physicien du 20ème siècle et a parfois été élu personnalité du siècle écoulé (notamment par le magazine Time).

Passionné par la lecture des travaux de Bernstein sur la lumière et l'électricité, Einstein consacre une partie de son adolescence à étudier la nature de la lumière.

Au cours de l'année 1905, Einstein publie quatre articles majeurs. Dans l’un d’eux, il pose que la lumière voyage à une vitesse déterminée dans l’espace et que rien ne peut voyager plus vite que la lumière. Dans un autre, il donne l'équation pour laquelle il va passer à la postérité : E=mc².

En 1916, Einstein émet la Théorie de la Relativité Générale. Les trois dimensions de l’espace et une quatrième dimension qui est le temps forment une sorte de tissu ‘espace-temps’ flexible, à deux dimensions. Ces concepts introduisent une relation entre l'espace et le temps avec une contraction des longueurs et une dilatation des durées à vitesses élevées.

En 1921, Einstein reçoit le prix Nobel de physique pour son explication du phénomène photoélectrique – le fait qu'une substance soumise à un rayonnement électromagnétique libère des particules chargées électriquement. En 1933, Albert Einstein étant d’origine juive, quitte l'Europe pour fuir le régime nazi et s'installe en Amérique. Là-bas, il convainc le président Roosevelt d’investir dans la recherche sur les réactions nucléaires en chaîne et le projet ‘Manhattan’ va s'inspirer de ses travaux.

Toutefois, dès que la première bombe atomique est larguée sur Hiroshima, il en devient un farouche opposant. Einstein décède en 1955.

Gandhi : la non violence comme forme d’action

Après avoir vécu à Londres puis en Afrique du Sud, Mahatma Gandhi (1869 – 1948) est revenu en Inde en 1915.

Au début de sa carrière, en Afrique du Sud comme en Inde où il est revenu en 1915, il a conseillé aux autochtones d’aider les Britanniques. Toutefois, au fil des années, il entre en rébellion contre l’occupant notamment après le massacre d’Amritsar (1919) où les soldats britanniques ont ouvert le feu sur les participants à un rassemblement politique pacifique.

C’est en 1921 que Mahatma Gandhi développe sa doctrine de la non-coopération. Fasciné par la religion du jaïnisme qui prône la non violence, il souhaite l’appliquer à son pays. Gandhi prône alors des actions de non violence mais aussi de boycott des produits anglais, de leurs institutions judiciaires et scolaires, au rejet de leurs titres et honneurs, soit une « non coopération ».

L’œuvre de Gandhi va lentement faire son effet. Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, le gouvernement travailliste élu en Grande Bretagne se prononce en faveur de l’indépendance de l’Inde. Hélas, le déchirement des communautés musulmane et hindoue va amener en août 1947 la création de deux états indépendants (l’Inde et le Pakistan), ce qui se traduit par un exode massif et de nombreux actes de furie.

C’est à l’âge de 13 ans que Gandhi a épousé Kasturba, qui avait le même âge. Leur union a duré 62 ans.

Marie Curie, la femme aux deux prix Nobel

Née en Pologne, elle arrive à Paris en 1891 et s’inscrit à la Sorbonne. Le savant Gabriel Lippmann l’intègre dans son laboratoire de recherche, où elle rencontre son futur mari, Pierre Curie. Ensemble, ils découvrent le polonium, puis le radium. La publication des résultats de ces travaux leur permet d’obtenir le prix Nobel de physique.

Suite à la disparition de Pierre Curie, Marie, devient la première femme à enseigner à la Sorbonne – en 1908. Deux ans plus tard, elle publie un traité fondamental sur la radioactivité. Cette publication et la découverte du radium pur sont consacrées en 1911 par un prix Nobel de chimie.

Marie Curie (1867 - 1934) est la seule femme à avoir reçu deux prix Nobel.

La 2ème Guerre Mondiale

À la suite de la 1ère Guerre Mondiale, l’Allemagne a été soumis par Clémenceau à un paiement de dommages à la France qui durant des années met son économie au bord de la ruine. Il s’ensuit un sentiment de frustration et un désir de revanche dans une partie de la population.

En Allemagne, le chef du parti nazi, Adolf Hitler est nommé à la tête du gouvernement en janvier 1933. Un mois plus tard, il organise l’incendie du Reichstag (Parlement) pour en imputer faussement la cause aux communistes. Dans la foulée, les opposants et indésirables se voient parqués dans des camps. Les juifs figurent parmi les premières cibles de Hitler qui dans son pamphlet, Mein Kampf, a qualifié les Germains de ‘race supérieure’.

En août 1934, à la mort du Président la République Hinderburg, Hitler dissout les partis politiques et les syndicats et crée une police secrète d’état, la Gestapo. Le premier camp d’extermination est ouvert à Dachau.

Au niveau international, Hitler se montre prêt à défier les nations voisines, à tester quelles seront leurs réactions. En mars 1936, il viole le traité de Versailles et remilitarise la Rhénanie (l’ouest de l’Allemagne). La France, qui est empêtrée dans des problèmes politiques internes – le Front Populaire se prépare à prendre le pouvoir en mai - ne réagit aucunement. Hitler y perçoit un signe l’incitant à aller plus loin.

La menace allemande s’intensifie au fil des mois, sans rencontrer de réelle opposition. Le 11 mars 1938, Hitler entre à Vienne et occupe l’Autriche et décrète ‘l’Anschluss’, le rattachement de ce pays au Reich. Soucieux d’éviter la guerre, les européens, cèdent à ses volontés expansionnistes.

Le 29 et 30 septembre, l’Angleterre, la France et l’Italie signent sans rechigner les demandées enoncées par Hitler à Munich. Aux termes de cet accord, les occidentaux autorisent Adolf Hitler à annexer la Tchécoslovaquie, dans l’espoir d’éviter la guerre. À son retour en Grande Bretagne, le Premier Ministre Neville Chamberlain est acclamé et présenté comme un homme de paix. Winston Churchill l’accueille de façon plus sèche et lâche cette apostrophe prémonitoire :

« Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ».

À cette époque, 42% du budget de l’Allemagne est consacré aux dépenses militaires et l’armée du Reich peut se targuer de divisions blindés et d’une aviation d’envergure.

Le 1er septembre 1939, alors que la France et l’Angleterre se sont fermement opposées à toute nouvelle annexion, Hitler effectue l’invasion éclair de la Pologne. Deux jours plus tard, la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne.

Il faut attendre mai 1940 pour que les forces françaises commencent à affronter pour de bon l’armée allemande au sein de la Belgique. Les forces germaniques remportent de nombreuses victoires, et entre sur le sol français. Les villes du nord tombent les unes après les autres, ce qui provoque un exode de millions de français tentant de rejoindre le sud.

Le 14 juin 1940, les allemands entrent dans Paris et trois jours plus tard, le maréchal Pétain réclame l’armistice. Il est signé deux jours plus tard avec Hitler qui impose ses conditions – dont le versement d’allocations énormes à l’Allemagne.

Le 9 juillet 1940, l’Assemblée confie les pleins pouvoirs à Pétain lequel impose un régime conservateur et choisit la voie de la ‘collaboration’ avec l’occupant. Au nom du STO (Service du Travail Obligatoire), la France fournira des centaines de milliers de travailleurs ‘volontaires’ qui iront travailler dans les usines d’armement de l’Allemagne.

L’Angleterre se retrouve seule face à l’offensive allemande – à Londres, le Général de Gaulle organise la résistance en France. Les aviateurs Britanniques gagnent la bataille des airs en novembre 1940 et mettent à mal, pour la première fois, le mythe de l’invincibilité allemande. Un mois plus tôt, Hitler a rompu un pacte passé avec l’Union Soviétique, et a décidé d’attaquer l’URSS que dirige alors un autre dictateur, Joseph Staline.

À la fin de l’année 1941, l’attaque surprise de la flotte américaine sur Pearl Harbor par les Japonais alliés des Allemands amène les Etats-Unis se résolvent à rejoindre le conflit mondial. Un tournant semble alors s’opérer : le rapport de force semble appelé à s’inverser. Pour l’heure, en janvier 1942, Hitler décide d’organiser la « solution finale », soit l’extermination totale des juifs.

Sur le front russe, Staline compte sur le fameux hiver qui a jadis épuisé les troupes de Napoléon pour saper les forces nazies. Dès novembre 1942, l’armée allemande qui affronte la neige et le brouillard est encerclée. En février, elle capitule à Stalingrad face aux forces russes. Hitler connaît sa première défaite cuisante.

Organisé en décembre 1943 à Téhéran par Churchill, Roosevelt et Staline, le débarquement américain a lieu le 6 juin 1944 en Normandie. Près de cent mille hommes assaillent les plages du Calvados et très vite, les forces du général Patton remportent victoire sur victoire. Le 24 juin, Paris est libéré : le Général de Gaulle descend les Champs-Elysées sous les acclamations de la foule. Hitler se suicide dans son bunker le 30 avril 1945, tandis que l’Allemagne se prépare à capituler sans condition, ce qu’elle fera le 7 et 8 mai.

Les américains demeurent aux prises avec les japonais qui, en dépit de pertes énormes, refusent toute reddition. Le président Truman décide alors de recourir à une nouvelle arme : le 6 août 1945, une bombe est lâchée sur la ville japonaise de Hiroshima. Trois jours plus tard, c’est au tour de Nagasaki. Anéanti, Tokyo demande l’armistice.

La Seconde Guerre Mondiale est définitivement achevée. Elle aura coûté la vie à 60 millions de personnes, l’URSS ayant payé le plus lourd tribut – un tiers des victimes. Le monde ressort traumatisé par la découverte des atrocités allemandes. L’Europe pour sa part, se résoud à une lente reconstruction – 70 % des villes allemandes ont été rasées. Seuls les Etats-Unis ressortent gagnants du conflit avec un PNB qui a augmenté de 82 %...

Charles de Gaulle et la Constitution de la 5ème République

En avril 1958, une crise grave éclate au sujet de l’Algérie alors colonie française entrée en rébellion. Le 13 mai, les partisans de l’Algérie française assaillent le bâtiment du gouvernement et forment un ‘Comité de Salut Public’. Le gouvernement en place, la 4ème République fondée en 1945, se montre incapable de résoudre la situation.

Le 29 mai, le Président de la République René Coty sollicite, ‘le plus illustre des français’, le général Charles de Gaulle, dont l’aura de chef de la Résistance est demeuré forte auprès des français. Ce dernier déclare qu’il est prêt à assumer les pouvoirs de la République et forme un gouvernement ratifié par l’Assemblée Nationale le 1er juin.

Avant tout, De Gaulle est hostile à la Constitution votée en 1946 au sortir de la guerre et qui a donné les pleins pouvoirs aux partis. Durant l’été, épaulé par Michel Debré – qui va devenir son 1er ministre - De Gaulle établit un projet de nouvelle Constitution pour la 5ème république qu’il appelle de ses vœux. Cette nouvelle Constitution de la France est approuvée par le peuple, via un référendum où le ‘oui ’ l’emporte à 79,2 % le 28 septembre – parmi les opposants célèbres à cette Constitution figure alors François Mitterrand.

Le 21 décembre 1958, De Gaulle est élu à la Présidence de la République à 78,5 % des suffrages exprimés, par un collège d’environ 80 000 notables, face à un candidat communiste et un centre gauche – l’élection au suffrage universel n’existe pas encore. Très vite, De Gaulle entreprend d’assainir les finances publiques.

Le nouveau président français règle le conflit algérien en proposant à ce peuple d’acquérir son indépendance – un choix approuvé en janvier 1961 par un référendum qui recueille 75 % de ‘oui’. Plusieurs généraux français, insatisfaits d’une telle décision vont tenter un putsch à Alger le 22 avril 1961. La réplique de De Gaulle est sans équivoque :

« Au nom de la France, j’ordonne que tous les moyens, je dis tous les moyens soient employés pour barrer la route à ces hommes là, en attendant de les réduire. »

Le putsch échoue très vite et l’indépendance de l’Algérie est ratifiée en juillet 1961. Pourtant, en août 1962, De Gaulle n’échappe que de peu à un attentat au Petit-Clamart (au sud de Paris).

Au niveau intérieur, De Gaulle tient à légitimer sa fonction auprès du peuple. La Constitution fait donc l’objet d’une réforme en vue d’instaurer l’élection du président de la République au suffrage universel direct. À nouveau, c’est par un référendum que cette révision constitutionnelle est adoptée (62,2 % de ‘oui’).

De Gaulle marque par ailleurs ses distances vis-à-vis de l’Amérique en retirant peu à peu la France de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), une organisation créée en avril 1949 en vue d’empêcher que des pays d’Europe puissent être envahis ou annexés par l’Union Soviétique.

La première élection au suffrage universel a lieu à la fin de l’année 1965. Alors qu’il est persuadé d’être élu ‘dans un fauteuil’ dès le premier tour, à la stupeur générale, de Gaulle est mis en ‘ballotage’ par un dénommé François Mitterrand. De Gaulle ne l’emporte qu’au second tour avec 54,8 % des suffrages exprimés contre son adversaire socialiste.

Durant les événements de Mai 68, la révolte étudiante mute en une grève générale qui paralyse le pays. Dépassé par les événements, le général de Gaulle s’envole pour Baden-Baden au risque de ternir l’image de démocrate qu’il avait acquise – il a envisagé un temps, de confier la reprise en main des affaires aux militaires !

Un an plus tard, Charles de Gaulle met son mandat dans la balance lors de la campagne du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Or, ce projet est rejeté par le peuple par 52,4 % des voix le 27 avril 1969. Conformément à ce qu'il avait promis, De Gaulle quitte ses fonctions et se retire dans dans sa résidence de Colombey-les-deux-Eglises. Il s’éteint le 9 novembre 1970.

La guerre des 6 jours

Les espoirs d'une décennie de relative tranquillité furent balayés par l'intensification des raids terroristes arabes lancés à partir des frontières avec l'Egypte et la Jordanie, par les incessants bombardements d'artillerie des villages du nord de la Galilée et par les préparatifs militaires des Etats voisins.

Au mois de mai 1967, la situation de l’état d’Israel semble précaire. Le pays fait l’objet de raids et bombardements sur ses villages situés près des frontières. Depuis 1957, l’ONU avait installé des troupes dans le désert du Sinaï mais en ce mois de mai, l’Egypte exige leur départ. Par ailleurs, le président égyptien Gamal Abdel Nasser signe une alliance avec la Jordanie ce qui fait qu’Israel se retrouve entourée de pays hostiles.

La provocation ultime se produit le 23 mai 1967 lorsque Nasser décrète le blocus du détroit de Tiran (une bande de mer séparant l’Egypte de l’Arabie Saoudite) aux navires israéliens.

« Aucun bateau israélien, ne passera, nous empêcherons tout passage de matière stratégique pour Israël, même si le bateau n’est pas israélien, » déclare Nasser à ses officiers.

S’estimant en situation de légitime défense, Israël, sous la direction du ministre de la Défense Moshe Dayan déclenche une offensive surprise contre l’Egypte et ses alliés le 5 juin 1967. Peu après, un message est adressé au roi Husseïn de Jordanie : si la Jordanie choisit de ne pas entrer dans le conflit, elle ne sera pas attaquée par Israel. Pourtant, la Jordanie, persuadée par l’Egypte que la victoire ouvre le feu. Israël ripose aussitôt. Au nord, les forces syriennes sont expulsées du plateau du Golan. Il n’a suffi que quelques heures à l’armée de l’air d’Israel, pour mettre hors d’état de nuire l’essentiel de l’aviation égyptienne, syrienne et jordaniennes. Décontenancées, les troupes arabes voient leurs offensives enrayées sur tous les fronts.

Dès 6 juin, les forces israéliennes (Tsahal) marchent sur Jérusalem dont l’accès était interdit à la population juive depuis 19 ans. Dès le lendemain, la ville est libérée dans une grande émotion. En parallèle, les troupes ont progressé à travers le désert du Sinai et ne se trouvent plus qu’à 24 kilomètres du Canal de Suez qui sépare Israël de l’Egypte. Sur le côté est, la Jordanie est anéantie, plusieurs villes tombant sous les assauts de Tsahal, notamment Jericho.

Dès le 8 juin, les forces de Tsahal parviennent au canal de Suez et dans la soirée qui s’ensuit, les Egyptiens acceptent un cessez-le feu.

Il ne reste plus qu’à gérer le front syrien, sur le nord est du pays. L’armée de l’air en pilonne les position à partir du 9 juin. À la suite de combats intenses, Israël ressort victorieux des affrontements.

Dès le 10 juin 1967, la guerre est achevée. Un grand nombre de territoires passent sous contrôle israélien notamment la péninsule du Sinaï et le plateau du Golan au sud-ouest de la Syrie. Du Avant tout, la vitesse à laquelle ce conflit a été mené jusqu’à la victoire scelle la légende des forces israéliennes.

Mai 68

Au départ, les événements de mai 68 sont avant tout le fait d’étudiants en colère qui manifestent au Quartier Latin et de facultés telle que celle de Nanterre. Pourtant, dans la nuit du 10 au 11 mai, le Général de Gaulle, lassé de cette ‘chienlit’ envoit les CRS démolir les barricades rue Gay Lussac à Paris. Au même moment le recteur de l’université et le leader du mouvement étudiant sont pourtant en train d’opérer un début de négociation. L’émotion suscitée par l’attaque des CRS incite la CGT à entrer dans la lutte… Les ouvriers rejoignent les étudiants dans la lutte, ce qui ne s’était encore jamais produit. Les partis d’opposition rejoignent à leur tour le mouvement ; de nombreuses usines sont occupées. La France compte des millions de grévistes.

Le 18 mai, le Général de Gaulle rentre d’urgence d’un voyage officiel en Roumanie afin d’évaluer la situation. 6 jours plus tard, il s’exprime à la télévision française pour annoncer l’organisation prochaine d’un référendum.

Les 25 et 27 mai, le Premier Ministre George Pompidou entame les négociations de Grenelle (dans le 15ème arrondissement) avec les principaux syndicats. Ils aboutissent à une revalorisation de 10% des salaires et de 35% du salaire minimum. Pourtant, les leaders du mouvement étudiant ne souhaitent pas abandonner la contestation.

Le 29 mai, stupeur : De Gaulle a quitté Paris et nul ne semble savoir où il est allé. Il a juste dit à Pompidou qu’il voulait prendre une journée de recul pour réfléchir à la situation. En tout début d’après-midi, une nouvelle plus inquiétant tombe : le Général ne se trouve pas dans sa résidence de Colombey-les-deux-églises. En réalité, De Gaulle a emprunté un hélicoptère militaire pour se rendre à Baden-Baden où se trouvent, depuis 1945, les FFSA (Forces Françaises Stationnées en Allemagne).

Sur place, De Gaulle rencontre le général Massu et lui fait part de son désarroi. Ce dernier l’exhorte à rentrer à Paris au plus tôt et reprendre les choses en main.

Le 30 mai, une large manifestation de la ‘majorité silencieuse’ a lieu sur les Champs-Elysées afin d’affirmer son soutien à De Gaulle. Ce dernier s’exprime à la télévision, et annonce qu’il dissout l’Assemblée nationale.

À partir du 4 juin, le travail reprend progressivement dans les services publics comme dans les entreprises privées. Puis, le 16 juin, un symbole de la révolte étudiante tombe lorsque la police évacue la Sorbonne.

Lors des élections du 23 et 30 juin, l’UDR, le parti qui soutient De Gaulle obtient une majorité écrasante.

Martin Luther King : ‘I have a dream’

Le 28 août 1963 à Washington, le Pasteur baptiste, Martin Luther King (1929 – 1968) a fait venir 250 000 manifestants pacifiques, dans le cadre de son action militante en faveur des droits civiques des Noirs. Il prononce alors un discours « I have a dream » (j’ai un rêve) qui va demeurer l’un des plus célèbres de l’Histoire.

« Je fais le rêve qu'un jour, les petits enfants noirs et les petits enfants blancs joindront leurs mains comme frères et sœurs

J'ai le rêve qu'un jour, mes quatre enfants vivront dans une nation où ils ne seront pas jugés pour la couleur de leur peau, mais pour leur caractère. »

Il a été dit que ce message a trouvé un écho quatre décennies plus tard lors de l’élection de Barack Obama à la présidence des USA le 4 novembre 2008.

Le premier homme à marcher sur la Lune

La mission spatiale Apollo est demurée la plus connue de tous les temps.

Apollo 11 fut lancée par la fusée la plus puissante à ce jour, Saturn V. L'engin comportait deux parties : le Module lunaire et le Module de commande. Ce dernier va demeurer en orbite autour de la Lune avec Michael Collins à son bord tandis que le premier dépose les astronautes Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur sa surface.

Le 20 juillet 1969, le module lunaire de la fusée Saturn V se pose sur la Lune. À 3 heures 56 du matin (heure de Paris le 21 juillet 1969), des centaines de millions de télespectateurs du monde entier rivés devant leur téléviseur retiennent leur souffle : Neil Armstrong devient le premier homme à fouler le sol de la Lune, à alors que de téléspectateurs suivent l’événement en temps réel.

Neil Armstrong prononce une phrase qui va demeurer mythique : « C'est un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité ».

Apollo 11 a ouvert la voie à cinq autres missions réussies vers la Lune, de plusieurs jours au sol chacune.

François Mitterrand : la gauche au pouvoir

Lorsque le président en exercice Giscard d’Estaing se représente à l’élection présidentielle à la fin 1980, il n’a plus l’allure de jeune homme qu’il arborait sept ans plus tôt. Sa réputation a été entachée par une franche montée du chômage (plus de 1 500 000 travailleurs).

Au second tour, Giscard d’Estaing se retrouve face à son adversaire de 1974, François Mitterrand, mais cette fois, le camp de droite est divisé. Comme Giscard le révèlera dans ses mémoires, son ancien Premier ministre, Jacques Chirac, candidat malheureux au premier tour de 1981, ne lui apporte qu’un soutien du bout des lèvres et pis encore, invite de nombreux membres de son mouvement, le RPR, à ne pas voter pour Giscard d’Estaing.

À gauche, le publicitaire Jacques Séguéla a conçu une affiche qui fait mouche avec une photographie de François Mitterrand sur ses terres de la Nièvre, devant un clocher de village avec en fond un coucher de soleil. Séguéla a inventé un slogan judicieux : ‘La force tranquille‘, contribuant à imposer l’image de Mitterrand en présidentiable.

Lors du débat qui oppose Valéry Giscard d’Estaing face à François Mitterrand le 5 mai 1981, le second l’emporte aisément. À un moment, Giscard tente de mettre Mitterrand sur la défensive en l’interrogeant sur le cours du mark. Mitterrand s’en offusque : « Je n'aime pas beaucoup ces manières, je ne suis pas votre élève et vous n'êtes pas le président de la République ici, vous êtes simplement mon contradicteur ». Puis, Mitterrand lui indique le cours du mark, montrant qu’il est à la hauteur de la fonction.

Le dimanche suivant, la France bascule à gauche. François Mitterrand, après avoir été vaincu à deux reprises lors de précédentes élections, est élu avec 51,8 % des voix le 10 mai 1981. C’est la première fois que la gauche est appelée au gouvernement de la Ve République et l’accession de Mitterrand à la fonction suprême porte de nombreux espoirs : de nombreuses manifestations de liesse populaire ont lieu en France.

Dès sa prise de fonction, François Mitterrand est à l’origine de nombreuses réformes sociétales. La peine de mort est abolie, la semaine de travail passe à 39 heures, la retraite est abaissée à l’âge de 60 ans, la plupart des banques privées sont nationalisées…

Pourtant, au sortir de train de réformes menées tambour battant, les difficultés économiques obligent François Mitterrand à une remise en question profonde. En mars 1983, la gauche subit un net recul lors élections municipales, attestant du désaveu d’une grande partie de la population. Dès lors, Mitterrand décide de se convertir à la modernité économique que prône Jacques Delors, ministre de l’Économie et des Finances et de pratiquer une politique plus mesurée, tenant compte des réalités du marché. Le Premier ministre Pierre Mauroy ayant déclaré qu’il ne se voyait pas ‘l’homme d’une telle politique’, Mitterrand va choisir dès l’année suivante, un autre Premier Ministre pour mener à bien sa politique recentrée, Laurent Fabius.

Toutefois, à la suite des élections législatives du 16 mars 1986, le Parti Socialiste et ses alliés se voient désavoués. Déçus par les promesses de la gauche (le nombre de chômeurs dépasse désormais largement la barre des 2 millions), les électeurs ont envoyé à l’Assemblée Nationale une majorité de droite.Une grande première se produit dans l’Histoire de la Ve République avec l’instauration un gouvernement de ‘cohabitation’.

François Mitterrand désigne Jacques Chirac, le chef de son opposition, comme Premier ministre. Une étrange cohabitation va alors démarrer, Mitterrand allant jusqu’à désavouer Chirac à propos de la réforme scolaire que ce dernier veut imposer.

En 1988, Jacques Chirac se présente à la présidentielle contre François Mitterrand, en course pour un second mandat. Usé par deux années de cohabitation avec un président qui lui est hostile, Chirac ne fait pas le poids lors du débat qui l’oppose à Mitterrand. Un échange va demeurer célèbre :

- Permettez-moi juste de vous dire que ce soir je ne suis pas le Premier ministre et vous n'êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats, à égalité, qui se soumettent au jugement des Français, le seul qui compte. Vous me permettrez donc de vous appeler monsieur Mitterrand ! lâche Chirac.

Rusé, Mitterrand rétorque :

- Mais vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre !

Le 8 mai, Mitterrand est réélu dans un fauteuil avec 54,02 % des voix. Pourtant, dès 1993, le peuple de France va renvoyer à l’Assemblée nationale des députés majoritairement de droite. Une seconde cohabitation, plus paisible, démarre alors avec un Premier ministre tranquille, Édouard Balladur.

François Mitterrand va demeurer au pouvoir jusqu’en mai 1995, date à laquelle Jacques Chirac est élu président de la République avec 52,6 % des suffrages exprimés face au socialiste Lionel Jospin. Mitterrand s’éteint au début de l’année suivante, le 8 janvier 1996, à l’âge de 79 ans.

L’au revoir de François Mitterrand

Le 31 décembre 1994, François Mitterrand adresse pour une dernière fois ses vœux à la nation française en tant que Président de la République. Malade, il sait qu’il ne survivra pas longtemps et apparaît fatigué.

Vers la fin de son discours, il déclare :

« Mes chers compatriotes, c’est la dernière fois que je m’adresse à vous en ma qualité de Président de la République. »

(…)

« L'an prochain, ce sera mon successeur qui vous exprimera ses vœux. Là où je serai, je l'écouterai le cœur plein de reconnaissance pour le peuple français qui m'aura si longtemps confié son destin et plein d'espoir en vous. »

Puis il lâche cette phrase qui va demeurer mythique :

« Je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas. »

Les manifestations de Tien An Men

En avril 1989, le monde a voulu croire, de manière brève, qu’un vent de libération était en mesure de souffler sur la Chine…

L’origine du mouvement se situe le 15 avril 1989 à l’occasion du décès de Hu Yaobang, un communiste modéré qui a voulu mener quelques réformes allant dans le sens d’une plus grande liberté. Yaobang a été écarté du pouvoir deux années auparavant, étant jugé laxiste par ses pairs.

La disparition de ce symbole d’une Chine plus libre déclenche une manifestation d’étudiants sur la place Tien An Men de Pékin. Ils sont une dizaine de milliers à se réunir ainsi, et à scander des slogans en faveur de la démocratie. Jour après jour, les manifestants occupent cette place et les caméras du monde entier retransmettent les images d’une population qui fait la fête et réclame sa liberté. À partir de mai, plus de 40 000 opposants au pouvoir se retrouvent sur la place.

Le 19 mai, au lendemain de la visite en Chine du n°1 russe, Mikhail Gorbachev, le premier ministre chinois, Li Peng décrète la loi martiale. Dès le lendemain, les soldats tentent de faire évacuer la place Tien An Men. Pourtant, certains d’entre eux fraternisent avec les manifestants et il apparaît que l’armée rechigne à faire couler le sang.

Au début du mois de juin, alors qu’une centaine de milliers de manifestants sont présents sur la place Tien An Men, le gouvernement chinois intensifie sa volonté de répression. Durant la nuit du 2 juin, les affrontements démarrent et l’on dénombre les premières victimes. Les chars et véhicules blindés font leur entrée. Une photographie va alors faire le tour du monde : un étudiant se place devant une colonne de chars et parvient, par sa seule présence, à stopper leur mouvement.

Pourtant, cette séquence symbolique cache une réalité très dure. La répression se transforme en massacre – certains rapportent que des chars auraient foncé sur la foule. Les participants aux manifestations sont arrêtés – ils sont d’autant plus faciles à identifier que les télévisions internationales ont filmé l’événement sans relâche. À l’aube de l’an 2000, plus de 140 participants aux manifestations de Tien An Men étaient encore détenus prisonniers. En Chine, la contestation a été anéantie et ne semble pas prête de ressurgir…

La chute du mur de Berlin

Il a été construit en août 1961 par les soviétiques et partage Berlin en deux zones, l’une libre, l’autre soumise à la dictature communiste. En tant que tel, ce que l’on appelle ‘le mur de la honte’ est vécu comme une flétrissure sur le sol européen. Durant 27 années, plus de cent mille habitants de la R. D. A (la partie est de l’Allemagne sous le joug soviétique) vont tenter de franchir cette barrière et passer à l’Ouest.

À partir 1985, au Kremlin, un leader éclairé, Mikhaïl Gorbatchev fait souffler un vent de libéralisation sur le bloc de l'Est au travers de la ‘perestroïka’, un mouvement de réformes en profondeur de la société soviétique et de la glasnost (transparence), qui prône la liberté d'expression et de la publication d'informations.

Au milieu de l’année 1989, le mécontentement est à son comble dans la R.D.A. Plus de cent mille citoyens ont déposé une requête d’autorisation de sortie vers la R.F.A. Ils sont nombreux à fuir le pays en passant par la Hongrie ou la Tchécoslovaquie.

À l’automne 1989, de grandes manifestations populaires ont lieu A. Des millions de citoyens de l’Allemagne de l’Est expriment leur hostilité à la politique du régime communiste.

Le 7 octobre 1989, la R.D.A. fête son 40ème anniversaire. Surprise : des milliers de manifestants descendent dans les rues et réclament que le régime évolue vers la démocratie. La réplique est à l’image du régime : violente et répressive. Des milliers d’opposants au SED (le Parti Socialiste Unifié, qui dirige la R.D.A.) prennent l’habitude de se réunir dans l’église de Gethsemané de Berlin. À Leipzig, au sud ouest de Berlin, 120 000 manifestants défilent en scandant le nom de Gorbachev (‘Gorby !’). L’ampleur de la contestation devient telle qu’elle pousse à la démission le premier secrétaire Erich Honecker. Son successeur, Egon Krenz affirme qu’il souhaite ouvrir une politique de dialogue sans toutefois amenuiser la méfiance des rebelles envers ce pouvoir corrompu.

C’est le 4 novembre que le peuple de la R.D.A. prend la mesure de la force de résistance qui s’est développée. Des centaines de milliers de manifestants se retrouvent sur l’Alexandreplatz de Berlin – est. Du jamais vu en R.D.A.

Pour le SED, la pression est devenue trop fort et une nouvelle réglementation est annoncée le 9 novembre, indiquant que les citoyens de l’Allemagne de l’est pourront désormais se déplacer librement dès lors qu’ils auront obtenu un visa.

L’annonce déclence un effet inattendu. Des Berlinois se rendent en masse le long du mur et forcent les gardes frontières à ouvrir les points de passage ! Le premier poste frontière est ouvert à 23 heures 30. Tout au long de la nuit, les télévisions du monde entier retransmettent des images surréalistes. À coup de pioches, et parfois aussi de pelleteuses, la population ouvre des brèches dans le mur de la honte. Certains passent et repassent d’est en ouest à plusieurs reprises pour s’assurer qu’ils ne rêvent point. Le Mur de Berlin n’est plus…

Le 11 septembre 2001

Il est 8 heures 46 à New York lorsqu’une explosion retentissante se fait entendre. Ceux qui peuvent observer les choses depuis des bâtiments voisins découvrent alors une vue surréaliste : un trou béant est apparu dans la façade de l’une des Twin Towers (le World Trace Center), celle située au nord.

Une minute plus tard, l’Amérique qui n’a jamais jusqu’alors subi d’agression sur son territoire découvre, effaré, sur l’écran de CNN les images de la tour fracassée sur son flanc, avec une épaisse fumée grise qui se répand au-dessus de la ville de New York. Il apparaît que c’est un Boeing 767 d’American Airlines en provenance de Boston qui s’est enfoncé dans la façade, entre les étages 94 à 98.

Le Président George Bush, qui est vient d’arriver dans une école de Sarasota en Floride est informé de la situation et peine à réaliser ce qui se passe. Il dira plus tard avoir juste pensé : « quel pilote nul ! ».

Immédiatement, les médias comme les experts s’interrogent. L’hypothèse d’un accient est rapidement écartée. Et puis, à 8 heures 54, on apprend qu’un employé d’American Airlines a reçu deux appels d’hôtesses expliquant que l’appareil avait été détourné par des pirates de l’air.

C’est pourtant à 9 heures 3 que le véritable choc se produit. En direct sur leurs écrans des millions de téléspectateurs assistent à un nouvel assaut : un deuxième Boeing vient percuter cette fois ci la Tour sud du World Trade Center au niveau des étages 78 à 84 !

Informé de ce deuxième accident, George Bush qui assiste à une séance de lecture dans l’école où il est en visite semble là encore ne pas prendre la mesure des événements. Durant de longues minutes, il demeure absent, pensif, comme s’il prenait lentement conscience de ce qui vient de se produire.

Tandis que 500 pompiers ont commencé à œuvrer sur le périmètres des Deux Tours, des secouristes affluent de toutes part. Les caméras dardées sur les bâtiments transmettent, là encore en direct des images choc : pour échapper au flamme, des individus se jettent dans le vide. Le magazine USA Today estime qu’il y aurait déjà deux cent morts. Puis à 9 h 35, CNN fait sa Une sous le titre ‘America under attack’. Et puis, deux minutes plus tard, un troisième avion vient se fracasser sur une façade et cette fois-ci, il s’agit de celle du Pentagone. On apprend bientôt qu’un 4ème avion a été détourné, mais il n’engendra pas de dégâts sur des bâtiments. Pour la première fois dans l’histoire des USA, tous les vols commerciaux sont annulés. Peu avant 10 heures, la tour sud du WTC s’écroule sur elle-même dans un nuage de poussières. Un quart d’heure plus tard, la tour nord s’effondre à son tour. Manhattan est jonché de milliers de tonnes de débris. Quelques trois mille personnes ont péri lors de ces événements.

Assez vite, un coupable est désigné, Ben Laden, leader du mouvement islamiste Al Qaïda. L’Amérique, pour sa part, vient d’entrer dans une phase nouvelle de son histoire, qui va peu à peu mener à l’invasion de l’Afghanistan dès novembre 2001, puis de l’Irak en mars 2003 et l’adoption de mesures d’exception comme l’ouverture du camp d’emprisonnement de Guantanamo, lequel échappe aux règles du droit international. Durant plusieurs années, la presse américaine qui se sent un devoir de soutien à son président va pour l’essentiel fermer les yeux sur la politique belliciste menée par G.W. Bush. Ben Laden, pour sa part, sera éliminé au début mai 2011, même si certains ont émis des doutes sur la véracité de cette opération.

Dès la fin 2001, de nombreuses thèses ont émis des doutes sur l’attitude du gouvernement et des agences de renseignement américaines concernant le 11 septembre 2001. Deux théories principales ont émergé. La première explique que les USA auraient été en mesure d’empêcher cette agression mais qu’ils l’auraient laissé se dérouler afin de pouvoir justifier une politique guerrière et sécuritaire. La seconde va jusqu’à poser que le gouvernement aurait contribué à déclencher ces événements, toujours dans un même objectif.

Jacques Chirac réélu avec 82% des voix

Jacques Chirac a été élu Président de la République en 1995. Pourtant, les deux premières années de mandat de Chirac ont fortement déçu. En premier lieu, le nouveau Président a relancé les essais nucléaires à Moruroa, déclenchant un vent de contestation mondial. Avant tout, il s’est entouré de ceux qui l’ont soutenu lors de l’élection et s’est ainsi privé du support de personnages compétents, à commencer par son concurrent à la présidentielle, Edouard Balladur.

Au printemps 1997, pour ‘donner un nouvel élan’, Jacques Chirac a décidé d’anticiper les élections législatives de 1998 et de dissoudre l’Assemblée nationale. L’échec a été de taille : le Palais-Bourbon est passé à gauche. Une cohabitation a démarré avec, pour la première fois, un Président de droite et un gouvernement de gauche : le socialiste Lionel Jospin est devenu Premier ministre de Jacques Chirac.

Toutefois, perçu comme laxiste dans le domaine de la sécurité, opérant des choix économiques contestables, le gouvernement Jospin a soulevé l’ire d’un grand nombre de Français.

Le 21 avril 2002, le choc est au rendez-vous : alors que Jacques Chirac est candidat à sa propre succession face à Jospin, contre toute attente, au premier tour de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen, le candidat du Front national, parti d’extrême droite, devance celui du Parti Socialiste.

Entre les deux tours, désireux de faire front contre le FN, la gauche et la droite modérée se mobilisent et appellent comme un seul homme à voter Jacques Chirac.

L’incroyable se produit : bien qu’il ait été fort impopulaire au cours de son septennat, Chirac est réélu avec un score historique de 82,21 % des voix !

@Daniel Ichbiah - extrait du livre '365 grammes de Culture Générale'

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