Les mots de l'informatique

Dictionnaire illustré pour bien comprendre l'informatique
3ème édition
Campus Press - 2005, 2006, 2007
L'informatique est simple...
   
C'est un outil au service de l'individu.
Son langage, ses sigles, ses abréviations à dormir debout cachent des réalités très ordinaires.

Les mots de l'informatique est un ouvrage de référence complet qui couvre les notions avancées du domaine.

Toutefois, il est également accessible au simple débutant.

De fait, dans ce livre, nous avons voulu faire un pied de nez à la 'technique pour la technique". Les mots de l'informatique ont été soumis à un regard primesautier, ils ont été été délesté de l'aura de sérieux qui souvent leur tourne autour.

Un seul mot d'ordre : à quoi tout cela peut-il bien servir ?

Est-ce important ou non pour la simulation de course automobile à laquelle j'ai envie de participer, le message électronique que je voudrais envoyer à Paula ou cette photographie à retoucher ?

 

 

Introduction du dictionnaire

Le premier ordinateur ayant marqué l'histoire a été créé en 1946. L'ENIAC, pesait près de 30 tonnes et nécessitait un local de 140 mètres carrés. Il consommait 150 000 watts et dégageait une infernale chaleur que tentaient de compenser des circuits de refroidissement géants. Ce titan de métal ignorait toute notion de convivialité : il manifestait ses résultats par les clignotements de vingt rangées d'ampoules lumineuses. Les performances de ce phénomène de foire font sourire aujourd'hui.

Qu'on le veuille ou non, l'ENIAC, ce mastodonte a été le premier représentant de l'informatique. A la manière du péché originel, l'ordinateur porte en lui la trace d'une telle filiation. Ayant eu un tel modèles, les visionnaires d'alors étaient persuadés que cela ne pouvait qu'empirer et les écrivains ou cinéastes ont mis en scène une entité démoniaque, le HAL du film 2001:L'Odyssée de l'Espace n'étant qu'un des avatars nés d'une telle extrapolation…

Qui aurait pu imaginer que quelques décennies plus tard, des ordinateurs revêtus d'une carapace transparente leur donnant l'allure de bonbons géants, enseigneraient l'alphabet aux enfants, serviraient de guide dans une fascinante visite du Louvre, favoriseraient la rencontre d'âmes sœurs à travers les océans ?…

Il a fallu attendre la fin des années 70 pour que la mutation de cet objet longtemps repoussant, brutal et d'une hostile froideur s'opère. En réduisant sa taille, l'ordinateur est devenu micro. Le mythe du titan oppresseur s'est alors effondré de lui-même ouvrant la porte au fameux "ordinateur personnel". Cette cure d'amaigrissement s'est accompagnée d'une métamorphose, ouvrant la porte aux premières applications ludiques.

Né en 1984, le Macintosh a été le héraut de la transformation de l'ordinateur. Réalisé par une équipe d'artistes dont les rêves avaient été baignés d'idéaux hippie, cet ordinateur était beau, amical et branché. On avait plaisir à installer dans un coin du salon, près d'une guitare ou d'une bibliothèque… Sur son écran, apparaissait des dessins, de belles lettres. Cet ordinateur là se laissait même manipuler grâce à la facétieuse petite souris blanche déposée sur le côté.

Le Macintosh d'Apple a révolutionné la micro-informatique, et Windows de Microsoft a emboîté le pas. L'ordinateur a accueilli des couleurs par millions, un son hi-fi, des animations et des vidéo. La révolution suivante s'appelait multimédia et son essor s'est opéré sous l'impulsion d'une fabuleuse galette : le CD-ROM. Ce petit disque a fait entrer le spectacle dans la machine, amenant à redécouvrir les tableaux de maîtres, proposant une visite commentée du Mexique ou la découverte d'îles mythiques dans des jeux vidéo d'une extraordinaire esthétique.

Ce n'était encore qu'un avant-goût de ses potentiels. Très vite, l'ordinateur est entré dans une dimension supplémentaire en se reliant à ses frères… Internet a été la dernière révolution sociologique du 20ème siècle, réalisant un rêve de plusieurs millénaires : offrir à tous, depuis le foyer, l'accès à des réserves illimitées de connaissance. Aucun auteur de science-fiction n'avait entrevu cela : des jeux où l'on assume une autre personnalité, les bandes annonces de films que l'on télécharge en avant-première, des débats où l'on échange ses idées avec des inconnus...

L'ordinateur est devenu une sorte de compagnon indispensable du foyer. Ce surdoué sait lire les DVD comme les CD musicaux, aider à la retouche de photos, au montage de sa vidéo de vacances, il sert de professeur, il aide à la création artistique. Plus incroyable encore, un tel appareil se présente souvent sous la forme d'un simple écran associé à un clavier, ou bien encore comme "ordinateur portable" ultra léger et plus mince qu'un top model.

Il est devenu l'appareil de loisir ultime !

Et pourtant… Le passif de l'ENIAC demeure là. Les auteurs de science-fiction semblent avoir insinué dans l'inconscient collectif le concept d'une machine incontrôlable, capricieuse et mystérieuse. Le scénario de Matrix laisse entrevoir un futur où l'ordinateur sert à maquiller la réalité collective par le biais de ses images de synthèse. Les médias laissent entendre de temps à autre que la vie quotidienne du citoyen serait suivie à la trace, le moindre de ses achats par carte de crédit étant suivi à la trace par quelques machines centralisant les informations et situées on ne sait où…

L'ordinateur a eu beau faire sa révolution culturelle, rétrécir au lavage, refaire sa garde robe, arborer un sourire et déployer mille couleurs, proposer mille activités ludiques, il continue d'intimider une partie de la population. Si une telle situation perdure, les responsables sont en partie les informaticiens eux-mêmes qui se plaisent à émailler leur conversation de termes complexes.

Et pourtant…

L'ordinateur a depuis belle lurette opéré sa révolution ludique. Il est temps que son langage prenne à son tour des airs de fêtes. Dans ce dictionnaire, nous avons donc voulu aller à l'essentiel, décrire, enrichir le discours d'anecdotes et petits clins d'œil. Nous avons eu comme parti pris de simplifier au maximum la technique afin que chacune puisse extraire de cet outil de loisir une maxi-dose de plaisir !